Braquages à Toulouse : la série noire qui inquiète

FRANCE
FAIT DIVERS – En moins d'une semaine, six braquages ont été commis dans la Ville rose et dans sa proche banlieue. Policiers et magistrats s'inquiètent de cette flambée de violence encore jamais rencontrée à Toulouse.

Depuis jeudi, Toulouse et son agglomération sont victimes de braquages en série. Petits supermarchés, bureau de tabac et même hôtel dans la nuit de lundi à mardi , six établissements ont été la cible de vols commis par des hommes généralement munis d'armes de poing ou de couteau.

"Il y a déjà eu des séries comme celle-là mais elles émanaient de bandes organisées, là ce sont des équipes ou des individus qui apparemment n'ont aucun lien entre eux", explique un officier de la police criminelle, "surpris" par les modes opératoires.

"Un phénomène de violence qui interpelle"

Pour le nouveau procureur de Toulouse, Pierre Yves Couilleau, en fonction depuis une semaine, l'immersion dans la Ville rose constitue un "baptême" corsé. "On ne peut que s'inquiéter d'un tel phénomène de violence qui interpelle", précise le magistrat. Alors que sur les six affaires, aucun suspect n'a été interpellé, les hommes de la police criminelle et de la sécurité publique travaillent à plein temps sur les dossiers.

"Cela peut être un toxicomane à la recherche d'argent ou des trafiquants qui ont besoin d'un fonds de roulement afin d'amorcer leur commerce", tente d'expliquer Luc Escoda, responsable du syndicat Alliance en Midi-Pyrénées, qui ne cache pas sa préoccupation.  

"Ne pas créer un sentiment d'insécurité"

"Les effectifs de nuit ont été divisés par deux depuis 2012. On compte 300 policiers de moins qu'à Bordeaux, la délinquance à Toulouse est sous-estimée", estime Luc Escoda. Alors que policiers et magistrats s'alarment devant la fréquence de ces actes, David Vavassori, maître de conférences en psychopathologie à l'université Toulouse-Jean-Jaurès, analyse différemment la situation. "On peut mesurer la montée de la violence à Toulouse sur un ou deux ans et non sur une courte période", explique l'universitaire, qui appelle à la prudence avant de tirer toute conclusion, "car on peut très vite créer un sentiment d'insécurité".

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