CAF des Bouches-du-Rhône : la colère des allocataires

CAF des Bouches-du-Rhône : la colère des allocataires

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SOCIAL – Suite à la fermeture des centres de la CAF des Bouches-du-Rhône, des allocataires manifestent leur mécontentement.

La fermeture des Caisses d’allocations familiales (CAF) des Bouches-du-Rhône au profit des plateformes téléphonique et Internet passe mal. Mardi matin, des allocataires, des représentants du personnel et des militants de la CGT ont manifesté devant le siège de la CAF, chemin de Gibbes à Marseille, pour dénoncer la mise en place du nouveau système. "Ça ne marche pas, se plaint Josiane Stamp, de la CGT chômeurs. Le dispositif est incompréhensible. Il vaudrait mieux embaucher du personnel pour accompagner le public".

Un "public" un peu égaré à l’image de Smaïn, au chômage, qui se dit sceptique quant au nouveau système. "J'ai essayé de les joindre par téléphone. J’ai attendu cinq minutes, en vain, puis j’ai recommencé. J'ai fini par abandonner, d’autant que c’est payant", raconte le quadragénaire. Pour saisir son dossier d’aide au logement, une autre solution : Internet. "Je n’ai pas honte d’être pauvre, mais je ne sais pas m'en servir", concède-t-il.

"La mort du service public"

Des cas de figure comme Smaïn "sont fréquents", assure Martine employée de la CAF. "Beaucoup privilégient le contact humain. Ça fait plus de travail pour les agents certes, mais ça permet de mieux aiguillier les allocataires. Avant on pouvait aider des personnes en détresse en les dirigeant vers des assistantes sociales. Maintenant c’est terminé, c’est la mort du service public."

Face à l'augmentation des retards dans le traitement des dossiers, la CAF a décidé de fermer définitivement ses centres au public. Ceux-ci restent accessibles par téléphone et Internet. "C’était devenu un cercle vicieux, assure Armelle Rutkowski, directrice adjointe à la Caisse du département. Plus il y avait de monde à l’accueil, plus on avait besoin de personnel et moins les cas pouvaient être traités". Grâce au nouveau système, le stock de dossiers en retard est passé de 92 000 à 85 000. "C’est pour garantir un niveau de service pour l’ensemble des allocataires", conclut Armelle Rutkowski.
 

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