Casse du musée de Nice : l'accusé piégé par le FBI crie à la "manipulation"

Casse du musée de Nice : l'accusé piégé par le FBI crie à la "manipulation"

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JUSTICE - Bernard Ternus est jugé depuis lundi par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Il est considéré comme le commanditaire présumé d'un vol de quatre tableaux de maîtres au musée des Beaux-Arts de Nice en août 2007.

Quatre tableaux de maître volés au musée des Beaux-Arts de Nice, retrouvés dix mois plus tard à Marseille grâce à... des agents du FBI infiltrés. C'est une affaire rocambolesque que juge depuis lundi la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. Il y a deux ans, cinq braqueurs avaient été condamnés à des peines de deux à neuf ans de prison pour le vol audacieux, réalisé en moins de cinq minutes et devant les visiteurs, de deux Bruegel, un Monet et un Sisley. Ils seront entendus par le tribunal mardi. Cette fois-ci, c'est le commanditaire présumé de ce casse, dont le butin avait été estimé à plus de 15 millions d'euros, qui a pris place dans le box des accusés.

"J'ai été manipulé"

Bernard Ternus, alias "Sonny", est un Varois installé à Miami. En janvier 2008, cinq mois après le braquage, ce sexagénaire avait discuté de la vente des œuvres volées avec deux hommes qui se disaient à la recherche de tableaux de maîtres hollandais. Mais ceux qui se faisaient passer pour des trafiquants colombiens prêts à débourser 3 millions de dollars étaient en réalité des agents du FBI… Condamné outre-Atlantique, Bernard Ternus a déjà purgé une peine de cinq ans pour ces faits, avant d’être transféré en février 2013 à la prison de Luynes, près d’Aix-en-Provence, où il est depuis en détention provisoire.

L'accusé assure aujourd'hui avoir été "piégé", évoquant le rôle d'un mystérieux Français qui l'aurait, selon ses dires, aidé à s'installer aux Etats-Unis en 2006, avant de l'obliger à lui trouver des tableaux. C'est aussi cet homme qui lui aurait présenté les faux trafiquants."J'ai été manipulé, jamais de ma vie je n'ai demandé à ce que l'on vole des tableaux", a-t-il clamé lundi à l’ouverture du procès. Mais d'après le FBI, c'est bien lui qui avait proposé aux policiers sous couverture de vendre les quatre toiles. C'est cette information, transmise par l'agence américaine à la police française, qui avait ensuite permis à des infiltrés hexagonaux de confondre et d'interpeller, lors de la transaction finale en juin 2008, les cinq complices impliqués dans le hold-up. Le tribunal a jusqu'à la fin des audiences, mercredi, pour dénouer les fils de ce scénario de polar.

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