Ce beau temps qui fait peur aux arboriculteurs de Provence

Ce beau temps qui fait peur aux arboriculteurs de Provence

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METEO – A cause d’un hiver exceptionnellement doux, les bourgeons dans les arbres sont déjà en fleurs. Une mauvaise nouvelle pour les arboriculteurs à cause du risque de gel qui menace de nuire à la récolte.

Les patrons de café sourient, les arboriculteurs un peu moins. Idéal pour les sorties en plein air ou les apéros en terrasses, le beau temps et les températures comprises jusqu’à la semaine prochaine en Provence entre 15 et 16 degrés posent quelques problèmes dans les vergers. La raison ? Les bourgeons sont déjà en fleurs avec au moins une semaine et demie d’avance et le risque de gel n’est pas exclu jusqu’à la fin de l’hiver.

Une véritable épée de Damoclès au-dessus des 80 hectares de pêches et d’abricots de Patrice Vulpian à Saint-Martin-De-Crau. "L’an passé, le bourgeonnement avait été un peu tardif mais il y avait du moins 5 degrés le 16 mars. Résultat, j’ai perdu entre 15 et 30 % de ma production", se souvient-il. Si la floraison précoce sur les arbres n’est pas nouvelle, le phénomène bat selon lui des records cette année. "Dans deux semaines, les fruits vont sortir. S’il y a un coup de froid jusqu’à moins 7 degrés, c’est toute la production qui peut être perdue", craint-il.

Hausse du prix au kilo

Outre cette menace de gel, les arboriculteurs provençaux ont en plus du faire face à un début d’hiver pourri. "Avec toute la pluie qui est tombée, je n’ai pas pu faire travailler mes ouvriers pour la taille des arbres, souffle une exploitante près d’Aix-en-Provence. Moins de taille, c’est autant de rendement en moins pour les années suivantes", explique-t-elle.

Plus globalement, le groupement-régional-centres-études-techniques-agricoles de Provence s’inquiète lui d’un autre phénomène. "A cause du manque de froid, la floraison est d’ores-et-déjà plus étalée sur les arbres ce qui entraîne une compétition entre les fruits pour leur croissance. Pour faire simple, les plus petits fruits sont remplacés par les gros", souligne le directeur du GRCETA , Pascal Borioli. Vendus en moyenne 3 euros le kilo dans les supermarchés, le prix des abricots et des pêches pourraient ainsi connaître une légère hausse en cas de baisse de la production en Provence.
 

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