Ce week-end, Marseille est Charlie

Ce week-end, Marseille est Charlie

HOMMAGE – La manifestation qui se tenait samedi à Marseille a réuni 45.000 personnes. Un second rassemblement aura lieu dimanche à 15 heures au Vieux-Port.

Quand le cortège s’est ébranlé, vers 15 h 30, le Vieux Port et le bas de la Canebière étaient noirs de monde. Ils sont venus nombreux en ce samedi 10 janvier – 45.000 personnes selon la préfecture de police –, pour rendre hommage aux victimes de l'attaque qui a visé mercredi matin l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Sans cris ni slogans. Juste des applaudissements.

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Dans la foule, on ne compte plus les inscriptions "Je suis Charlie" épinglées aux revers des blousons, les stylos brandis ou encore les portraits de Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, les dessinateurs assassinés dans les locaux du journal. L’ombrière du Vieux Port a été rebaptisée "Place Charlie Hebdo" alors que sur une banderole, on peut lire : "Charlie est grand".

"Des chiens de l’enfer"

L’émotion l’est tout autant, même si l’ambiance est par moments un peu tendue. Lorsque des syndicalistes de la FSU tentent de sortir leurs drapeaux, ils se font vertement tancer par un vieil homme : "Ça m’agresse, vous êtes des ânes, vous essayez de vendre votre beefsteak, nous ne sommes pas là pour ça."

D'autres manifestants craignent que l'islam ne soit associé aux atrocités des frères Kouachi. Sur son tee-shirt, Fanny a écrit : "Le terrorisme n’est pas une religion". "Ces actes de barbarie n’ont aucun rapport avec la religion musulmane. Ce qu’ils ont fait, c’est salir l’islam", avance-t-elle. Hamid, son collègue, confie être musulman. "J’ai peur des amalgames, que les gens et les médias profitent de cet événement pour dénigrer les musulmans, soutient-il. Or, ceux qui ont fait ça, ce ne sont pas des croyants. Moi j’appelle ça des chiens de l’enfer".

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"Au quotidien, on oublie que la démocratie existe. Il faut rappeler notre attachement à chaque occasion, c’est pour cela que je suis là", avance Noureddine, qui confie de lui-même être athée. Il ne craint pas les amalgames, étant persuadé que "le peuple français est capable de faire la différence. Il faut y croire, sinon on ne peut plus vivre ensemble".

"Je reviendrai demain"

Cette manifestation était organisée par La Ligue des droits de l'homme, la Licra, les syndicats et partis de gauche. Faute d’accord, les autres partis appellent à un rassemblement demain dimanche à 15 heures au Vieux Port. "Je suis là aujourd’hui, je reviendrai demain, pour défendre la liberté", avance cependant la députée socialiste Marie-Arlette Carlotti, croisée dans le cortège. "Je n’étais pas toujours d’accord avec Charlie Hebdo, mais ils riaient de tout et en avaient le droit", avance-t-elle, confiant toutefois avoir eu un avis mitigé sur la publication, par le célèbre hebdomadaire, des caricatures danoises en 2006.

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