CEA de Grenoble : "Le niveau de dangerosité de l'incident n'est pas encore fixé"

CEA de Grenoble : "Le niveau de dangerosité de l'incident n'est pas encore fixé"

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INTERVIEW - Le directeur du CEA de Grenoble, Didier Bordet, revient sur l’incident survenu le 23 août dernier, dans lequel un employé de la société D&S avait été irradié.

Que peut-on dire sur les circonstances de l’incident du 23 août 2013 ?

L’incident s’est produit à la fin des opérations du chantier à Grenoble de démantèlement du Lama, un ancien laboratoire qui travaillait pour le secteur nucléaire. Ces travaux comprenaient l’enlèvement d’une couche de béton du sol. L’employé en question travaillait au tamisage, afin de séparer les petits et les gros morceaux de béton, et ce, dans un environnement sécurisé qui comprenait un confinement avec un système de ventilation spécifique.

Quelles ont été les valeurs relevées ?

Le classement de l’incident par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN), qui est établi automatiquement lorsqu’un dépassement de valeur se produit, est provisoire au niveau 2 sur une échelle de 7. Le jour de l’accident, la dose relevée était de 700 microsieverts : si cette valeur ne pose pas un problème majeur, elle est au-dessus de ce qui était attendu pour ce type de chantier. Nous attendons aujourd’hui que l’ASN se prononce pour dire si elle maintient ce classement au niveau 2, ou à un niveau inférieur.

Avez-vous identifié la cause de l’incident ?

Après l’incident, l’équipe de sécurité en radioprotection a interrompu le chantier et a fait des contrôles. Elle a retrouvé, dans le fût qui contenait les déchets stockés après tamisage, une petite particule 1 mm qui provenait de l’opération de découpe des éléments en démantèlement, mais qui avait un très faible rayonnement.

Les mesures effectuées sur le chantier étaient-elles suffisantes ?

Les mesures de sécurité, et notamment le confinement que nous avions réalisé, étaient bien adaptées à ce type de risque. Les employés présents sur ce type de chantier sont en tenue complète, avec leurs masques, et sont contrôlés à chaque fois qu’ils sortent de la zone de confinement. Le jour de l’incident, nous avons refait un point avec les deux entreprises présentes sur le chantier. Nous ne sommes pas dans une logique de faire vite avec le moins d’argent possible : nous avons déjà suspendu des travaux quand il y en avait besoin.

Lorsque le CEA fait appel à des entreprises externes comme dans le cadre de ce chantier, qui est responsable de la sécurité ?

Il existe deux niveaux de contrôle : l’entreprise à qui l’on confie un chantier doit avoir une personne compétente en radioprotection, qui définit les moyens de protection à mettre en œuvre. Il y a aussi bien sûr un chef de chantier. Le CEA exerce un deuxième niveau de contrôle en matière de sécurité et de radioprotection, grâce à des spécialistes qui font des contrôles au quotidien. Enfin, l’ASN mène entre 12 et 15 inspections sur les chantiers par année, de manière inopinée.

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