Ces étudiants qui s'engagent auprès des détenus

Ces étudiants qui s'engagent auprès des détenus

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SOCIETE – Les étudiants du Genepi organisent dès lundi la dixième édition du festival Taul'art afin d'informer sur l'univers carcéral. Metronews a rencontré deux bénévoles qui organisent des ateliers en prison.

Tous les lundis, Laurent Mabille, 26 ans, bénévole au Genepi ,(Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées), pousse les portes du centre de détention de Muret. Pendant 1 h 30, il dirige un tutorat de mathématiques avec quatre ou cinq détenus. "Je ne cherche pas à connaître leur passé. Le but est de faire circuler le savoir en milieu carcéral. En échange les détenus partagent leurs propres connaissances, par exemple l'un d'entre eux m'apprend l'histoire du cinéma" explique le jeune homme, investi depuis six ans dans l'association.

Un déclencheur avec la prison des Baumettes

Une quinzaine de bénévoles du Genepi de Toulouse intervient ainsi toutes les semaines à la maison d'arrêt de Seysses et au centre de détention de Muret. Damien, 20 ans, bénévole depuis deux mois, a lui aussi décidé de s'engager auprès des détenus. "J'ai eu le déclic quand j'ai découvert dans la presse les photographies de la prison des Baumettes. Je vais ainsi proposer des cours d'anglais niveau post-bac". Actuellement, une cinquantaine de détenus bénéficient de soutien scolaire, d'ateliers de théâtre, de carnet de voyage, d'art plastique...

"20 % de la population carcérale est illettrée"

Au-delà du soutien moral apporté aux détenus, les étudiants témoignent de leurs conditions de détention. "Ils nous racontent les regards indiscrets à l'œilleton au moment de la douche, la peur d'aller en promenade à cause des bagarres, le manque de liberté d'expression. Notre rôle est d'informer sur ces dysfonctionnements et de lutter contre l'idée reçue que la prison est un hôtel quatre étoiles", ajoutent les deux bénévoles conscients qu'ils ne pourront pas faire de miracle. "20 % de la population carcérale est illettrée, souligne Laurent, rares sont les possibilités de poursuivre des études en prison. Nous essayons de faire en sorte que leur quotidien ressemble le plus possible au monde extérieur".

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