Charlie Hebdo : la minute de silence perturbée dans l'Académie de Lille

FRANCE
EDUCATION – Face au faiblement nombre de dénonciation, le recteur de Lille demande aux chefs d’établissement d'indiquer tous les incidents, pour pouvoir mettre en place des actions pédagogiques. Plusieurs collégiens nordistes vont être convoqués par la justice.

Le bilan des incidents lors de la minute de silence, jeudi midi, pour Charlie Hebdo s'étoffe dans l' Académie de Lille. Pourtant, le rectorat n'avait fait remonter au ministère de l'Education nationale, qu'un seul incident. Mais, le recteur Jean-Jacques Pollet a admis, mercredi, que ce chiffre ne correspond pas à la réalité. Selon lui, des incidents soient cachés par les établissements.

Un courrier a donc été envoyé aux chefs d’établissement leur demandant de déclarer les incidents. Des mesures pédagogiques seront aussi proposés : ateliers, débats, accompagnement avec des équipes complémentaires... "Dans certains établissements de Lille ou du Dunkerquois, la minute n'a même pas été organisée par peur des incidents, révèle à metronews Frédéric Grutzner, président de la FCPE (syndicat de parents d'élèves) du Nord. C'est d'autant plus regrettable que l'accompagnement pédagogique qui va avec n'a pas pu avoir lieu."

Des collégiens convoqués par la police

Des outils à disposition, c'est justement ce que réclament les professeurs. "Dans les écoles, nous aimerions avoir des éléments pédagogiques de la part du ministère", note Yves-Marie Jadé, secrétaire nordiste du Snuipp-FSU (syndicat des professeurs du premier degré). Même son de cloche de la part de Michael Colin, professeur au lycée Marguerrite de Flandres à Gondecrout et membre du Snes (syndicat des professeurs du second degré). "Nous avons fait que dix minutes d'explications avant la minute de silence, indique-t-il. Les documents du ministère étaient succincts."

Signalons que deux collégiens vont être notamment convoqués par la justice. Le premier, âgé de 13 ans, a crié, lundi à Sallaumines, qu'il était "heureux de voir des policiers mourir". Après avoir répété ces mots, il a été placé en garde à vue. Le second a déclaré, lundi à Lens, que "si c’était moi, je n’aurais pas tué que douze personnes, j’aurais tué tout Paris", et s'est dit prêt à faire le djihad. Dans une école de Lille-Sud, des élèves ont aussi justifié publiquement les attentats terroristes. A noter également que trois animateurs périscolaires vont être sanctionnés pour ne pas avoir respecté la minute de silence ans dans plusieurs écoles primaires de la ville de Lille.

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