Clientélisme, gestion archaïque : le rapport qui accable les hôpitaux de Marseille

FRANCE
SANTE - Gestion "archaïque", "système clientéliste", finances "inquiétantes", "privilèges" accordés au syndicat majoritaire: l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) a publié mardi soir un rapport accablant sur la situation de l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM).

Coup de tonnerre dans le milieu hospitalier de Marseille. Dans un rapport publié mardi soir, l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) a pointé la gestion "archaïque", le "système clientéliste" et les "finances "inquiétantes" de l’ Assistance publique – Hôpitaux de Marseille qui emploie 15 000 personnes.

Des employés non qualifiés et agressifs

Parmi les premiers points ciblés par l’Igas : "il doit être mis un terme au système clientéliste qui a longtemps prévalu", intime-t-elle. "Un grand nombre de recrutements de personnels non qualifiés est intervenu pendant de nombreuses années sur recommandations d'élus", indique-t-elle.

"Un certain nombre de ces agents, qui se considèrent protégés posent des problèmes en raison de leur comportement irrespectueux voire menaçant vis-à-vis des cadres de proximité dont certains sont découragés", poursuit le rapport.

Une des raisons de ce constat provient du rôle prégnant du syndicat Force Ouvrière estime l’Igas. "Il convient de mettre fin à la situation réservée à une organisation syndicale (...) fût-elle majoritaire, et de la considérer comme les autres, sans privilège d'information et en évitant de lui laisser son rôle traditionnel de conseil en recrutement", indique-t-elle.

Une situation financière inquiétante

L'AP-HM est "très fortement endettée" constate l’Igas, à cause notamment "d'une politique d'investissement ambitieuse et coûteuse". Sa dette a atteint 1 milliard d'euros fin 2012 et "l'objectif de retour à l'équilibre est toujours repoussé" et "n'est actuellement prévu qu'en 2014", déplore l'Inspection générale des affaires sociales.

"Les efforts pour y parvenir sont encore insuffisants", alors que c'est un enjeu "fondamental pour assurer l'avenir de l'AP-HM". Outre la réduction de la dette, l'Igas prône donc la mise en œuvre "sans délai d'un plan d'actions pour assurer la fiabilité et la sincérité des comptes".

Une organisation "archaïque"

Le rapport est aussi cinglant concernant l'organisation de l'établissement. "Des activités sont gérées de manière archaïque", assène l'Igas, qui cite notamment la gestion "sous forme papier" des archives "sans cohérence entre les différents sites" de l'AP-HM.

Autre point noir: la situation "toujours préoccupante" de l'informatique. En février 2012, un rapport de la Cour des comptes constatait l'échec de l'informatisation du dossier-patient, qui avait engendré une dépense "largement voire totalement inutile" d'"au moins 14 millions d'euros". 

"Une période révolue"

"Au moment des investigations de la mission, tous les enseignements tant sur le plan financier qu'organisationnel n'ont pas été tirés", assure l'Igas. "L'ARS PACA doit exercer, plus qu'elle ne l'a fait au cours des dernières années, ses missions de contrôle, d'évaluation et de suivi de la gestion et de l'évolution de l'AP-HM", conclut le corps de contrôle interministériel du secteur social.

Le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a réagi ce mercredi à ce rapport. "La période analysée dans ce rapport se termine fin 2012. Un certain nombre de constats sont pour moi des constats du passé", a déclaré Jean-Jacques Romatet lors d'une conférence de presse, affirmant que ce rapport de l'Inspection générale des affaires sociales rendu public mardi parlait "d'une époque révolue".


 

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