Collégiennes "escort girls" à Cannes : prison ferme pour les proxénètes

Collégiennes "escort girls" à Cannes : prison ferme pour les proxénètes

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JUSTICE – Trois hommes ont été condamnés à de la prison ferme, ce mardi à Grasse, pour proxénétisme aggravé. Ils auraient joué les macs avec des collégiennes de Cannes, escort-girls en herbe.

Emma est en cours, au lycée, quand s’ouvre le procès de ses trois proxénètes présumés ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Grasse. Entre avril et la mi-juin 2013, alors qu’elle est en classe de 3e, elle se fait appeler Capucine et, avec son amie du collège Julie, se livre à des relations sexuelles tarifées à Cannes

"Je suis fière d’avoir fait ça, j’ai toujours aimé le sexe, affirme-t-elle lors de son audition par la police, lue par le président Marc Joando. On a commencé à 150 euros pour une simple baise, après on est monté à 500 euros avec les menottes, les sex-toys... développe-t-elle. Tout Cannes savait que je me prostituais !"

"Elles voulaient devenir stars du porno"
 
Avec l’aide de trois hommes ? C’est la thèse de l’accusation, qui leur vaut de comparaître pour proxénétisme aggravé. Frédérico S., un élégant coursier de 46 ans, les a conduites chez lui. "Elles voulaient que je les filme avec leur iPod (sic) pour leur book, pour devenir stars du porno."

"Elles sont dénudées, interrompt le président, vous leur touchez les seins, le sexe... Saviez-vous qu’elles étaient mineures, qu’elles se prostituaient ?" "Non, elles étaient escort-girls". Dans son téléphone, les enquêteurs retrouvent des échanges entre les adolescentes où il est question de clients et de tarifs.

"Elles sont déjà dans une logique de prostitution quand elles rencontrent mon client, réplique son avocat. Il a juste voulu faire le beau, flamber avec deux jeunes filles ouvertes d’esprit, c’est le moins que l’on puisse dire !"

"Fiches de prix"
 
Ljubomir S., 57 ans, ferrailleur et taxi clandestin à Cannes pour arrondir ses fins de mois, les aurait conduites à des rendez-vous avec des clients et aurait donné un billet de 20 euros à l’une d’elles pour qu’elle s’achète "une robe de travail". "C’est le chien d’Emma, il la trimballe où elle lui demande" rétorque son avocate.

Kevin J. enfin, 20 ans, est l’ex-petit ami de Julie. Selon l’accusation, il aurait joué les entremetteurs, avec son patron notamment, fait passer des "fiches de prix", gardé leurs "vêtements de travail" et perçu des commissions. Ce dernier écope finalement sept mois de prison. Ljubomir est condamné à un an d'emprisonnement et Fédérico à deux ans fermes, comme l'avait requis le parquet.

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