Collobrières : au procès, les familles accablées de douleur

Collobrières : au procès, les familles accablées de douleur

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JUSTICE – Le procès de l'assassin présumé d'Audrey Bertaut et d'Alicia Champlon se poursuit. Les deux gendarmes avaient été abattues par arme à feu, en 2012, à Collobrières, dans le Var. Face aux témoignages des experts, les familles ont du quitter la salle, bouleversées par les circonstances dans lesquelles leurs proches ont trouvé la mort.

Rien ne leur aura été épargné. Ces mères endeuillées n'ont pas pu revivre la scène de la mort de leur enfant. Leurs filles, gendarmes, ont perdu la vie dans l'exercice de leur métier, un soir de juin 2012. Alicia Champlon et Audrey Bertaut étaient intervenues sur un différend de voisinage lié à un cambriolage. C'est là que le prévenu, Abdallah Boumezaar, avait ouvert le feu sur les deux militaires.

Deux ans après devant la cour d’assises du Var à Draguigan, les experts se succèdent à la barre pour tenter de reconstituer les dernières minutes avant le drame. Selon l'un deux, ce qui ne fait pas de doute, c'est qu'elles étaient en position de défense, désarmées, quand on leur a tiré dessus.

Une scène de crime particulièrement violente

Mais quand le médecin légiste a commenté les images reconstituées montrant la trajectoire des balles et la position des victimes au moment des faits, les familles se sont effondrées. Tour à tour, la mère d'Audrey Bertaut, puis celle d'Alicia Champlon, ont quitté la salle en pleurs. "Ordure, fumier", a même lancé dans un souffle Françoise Champlon à l'adresse de l'accusé.

C'est en effet une scène insoutenable qu'a décrit l'expert. Au cours d'une rixe qui avait éclaté après l'arrivée des gendarmes dans le logement que le jeune homme louait depuis quelques jours dans le village, il avait volé l'arme d'Audrey Bertaut avant de la tuer d'une balle dans le crâne à courte distance alors qu'elle tentait de se protéger derrière son bras.

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La voix d'Alicia fige la cour d’assises

Dans la rue, il aurait tiré ensuite à plusieurs reprises sur Alicia Champlon - qui avait pris la fuite mais n'a pas pu répliquer car elle avait perdu le chargeur de son arme au cours de la mêlée dans l'appartement -la touchant notamment au bras et à la fesse, avant de lui tirer à deux reprises dans la tête à bout portant, toujours selon l'expert.

Mais encore plus que ces scènes d'horreur ce qui a glacé la cour d’assises, c'est une voix qui a un instant ramené à la vie l'une des jeunes femmes massacrées. Quand le tribunal a diffusé l'enregistrement de l'appel du centre opérationnel de gendarmerie envoyant une brigade à Collobrières le soir des faits c'est Alicia Champlon qui prend alors la parole. "On y va" lance-t-elle.

La douleur, trop forte, a encore poussé Françoise Champlon a quitter l'audience, seule, face à l'absence.

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