Comment expliquer la baisse des vols à l'arraché à Marseille ?

FRANCE

SECURITE - Le nombre de vols de colliers serait en baisse de près de 65% cette année. Une annonce qui suscite de multiples réactions et interprétations dans la ville.

Succès de la politique sécuritaire ou malfaiteurs recyclés dans d’autres activités ? Selon les chiffres de la sécurité présentés par le préfet de police de Marseille , le taux d’arrachage de colliers serait en baisse de 64.8 %. Durant les neuf premiers mois de l’année, il n’y en a eu "que" 357 recensés . Théoriquement, la tentation du vol devrait rester prégnante avec l'augmentation des cours de l’or et de l’argent.

Dans le centre-ville marseillais, l’évocation de ce chiffre suscite bien souvent la méfiance : "Vraiment ? A Marseille ? Vous êtes sûr ? Il me paraît bizarre votre chiffre" s’étonne Sophie. Ce doute ne surprend pas le préfet de police : "La statistique, quand elle est bonne, on la soupçonne. Quand elle est mauvaise, on la croit sur-le-champ", déplore Jean-Paul Bonnetain.

Qui remercier ?

Ces bons résultats n’évoquent à l’inverse ni doute ni surprise pour Maryse et Philippe. "Les Marseillais s’adaptent et sont plus prudents, il ne faut pas chercher l’explication plus loin. C’est le cas pour tous nos amis. Nous aussi, nous faisons attention à tout. Regardez, je ne porte ni chaîne, ni gourmette, ni même mes bagues. Elles restent à la maison", explique Maryse. La retraitée n’a pas non plus de sac à main. "Tout est dans ma sacoche", indique Philippe en tapotant cette dernière, portée en bandoulière contre son torse.

Serge et Jeanine refusent, eux, d’en arriver là mais se montrent néanmoins prudents. Bras dessus, bras dessous près de la rue de Rome, les amoureux n’ont que très peu changé leurs habitudes. "Je porte toujours ma chaîne en or autour du cou, je refuse de céder à la psychose. Marseille n’est pas non plus la capitale du crime, tempère Jeanine. Je fais juste attention. Aujourd’hui, regardez, j’ai noué un petit pull autour de mon cou."

Même si elle se félicite de "l’amélioration de la sécurité", l’adjointe UMP Caroline Pozmentier explique ces résultats par les efforts municipaux. "C’est en grande partie grâce au dispositif de vidéoprotection ultramoderne, géré par la police municipale", plaide l’élue dans un communiqué. L’élue en charge du volet sécurité appelle en outre l’Etat à ne pas se limiter aux effets de communication et s’interroge sur la réalité des moyens supplémentaires successivement promis pour Marseille.
 

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