Contre l'îlot Pépinière, les derniers habitants font de la résistance

Contre l'îlot Pépinière, les derniers habitants font de la résistance

DirectLCI
SOCIAL – Rue du Faubourg-de-Roubaix, à deux pas de la gare Lille-Europe, le projet de l'îlôt Pépinière prévoit la construction d'un ensemble urbain comprenant logements et bureaux. Mais les derniers habitants s'élèvent contre la nature du projet et ne veulent pas partir.

Antoine de Labarthe affiche la couleur. Sur la façade de sa maison, au 89 rue du Faubourg-de-Roubaix à Lille, une large banderole est accrochée. "Habitant dégage, ici on aménage. Quelle utilité publique ?", peut-on lire. Une colère XXL pour dénoncer le projet de l'îlot Pépinière, cet ensemble urbain comprenant logements, bureaux et commerces, qui doit venir prolonger le quartier d'affaire Euralille à proximité de la gare Lille-Europe.

Un tel aménagement nécessite la destruction de 49 maisons. La plupart sont d'ailleurs murées et inhabitées depuis plusieurs années, offrant un étrange contraste à deux pas des immeubles d'affaires. Mais ils sont encore cinq à résister, fermement opposés au projet l'îlot Pépinière. "J'ai acheté il y a huit ans et il n'y avait rien de prévu, raconte Antoine de Labarthe. Et deux ans plus tard, la mairie a changé d'avis. Certains de mes voisins habitent les quartiers depuis plus de vingt ans." 

Une "opération financière"

L'îlot Pépinière prévoit d'abriter 250 logements, ainsi que des bureaux et des commerces. Si les derniers habitants sur place dénoncent les propositions faites pour racheter leurs maisons, c'est surtout la nature du projet qui dérange. "On parle de logements sur neuf étages, peste Antoine de Labarthe. Et il n'y aura quasiment pas de logements sociaux, un peu plus de 5% selon mes calculs. On est à côté de la gare Lille-Europe. C'est surtout une opération financière pour vendre des logements aux cadres qui vont travailler à Paris ou Bruxelles."

Responsable des Enfants de Don Quichotte à Lille, une association qui vient en aide aux sans-abris, Antoine de Labarthe est particulièrement sensible aux problèmes de logement. "Des maisons sont murées alors que des gens dorment dehors, dénonce-t-il. Depuis six ans, je reçois des courriers pour me dire que ma maison va être détruite, mais je suis toujours là. Je ne partirai pas si le projet ne change pas." De son côté, la mairie de Lille rappelle que la concertation a toujours eu lieu depuis le début du projet, afin de trouver des "solutions négociées et personnalisées", et que celle-ci va se poursuivre.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter