Costa Concordia : un 17e corps retrouvé, le pompage du fioul retardé

Costa Concordia : un 17e corps retrouvé, le pompage du fioul retardé

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Malgré le mauvais temps, les plongeurs continuent les recherches et ont découvert une dépouille. Les équipes techniques ont en revanche dû reporter la vidange des réservoirs.

Quinze jours après le naufrage du paquebot de croisière Concordia, tout près de l'île italienne du Giglio, la course contre la montre se poursuit pour tenter de retrouver les corps de disparus à l'intérieur de l'épave et éviter une marée noire, mais les conditions météorologiques n'aident pas.

Sur le premier front, les plongeurs ont continué de travailler ce samedi 28 janvier, et ils ont découvert la dépouille d'une femme, a indiqué la Protection civile à la mi-journée, précisant que les opérations étaient en cours pour remonter ce corps depuis le pont N.6, dans la partie immergée du navire.

Cela porte le bilan provisoire de la catastrophe à 17 morts avérés, dont trois restent à identifier, et 15 disparus.

La vidange des cuves reportée

Pendant ce temps, les équipes des sociétés néerlandaise Smit et italienne Neri, qui préparaient le pompage des tonnes de fioul contenues dans les réservoirs du Costa Concordia étaient à l'arrêt. La décision a été prise dans la matinée, les techniciens, chargés de poser des valves de sécurité sur les trous pratiqués dans la coque, estimant que les vagues de plus d'un mètre de haut rendaient l'opération trop hasardeuse.

Ils ont donc décidé de rentrer au port avec leur grande barge. Les préparatifs reprendront dès que le temps le permettra, a indiqué la Protection civile sans préciser quand, sachant que selon les prévisions de la chaîne de télévision Sky, il pleuvra demain sur l'île du Giglio, avec un vent fort et des vagues de plus de deux mètres.

Dans ces conditions, le pompage proprement dit des 2.400 tonnes de carburant, que les techniciens espéraient amorcer ce samedi, ne commencera vraisemblablement pas plus demain, ni sans doute avant l'accalmie attendue mardi. Devant des journalistes, sur l'île du Giglio, un responsable de Smit a tablé sur le milieu de la semaine.

D'après ses indications, sous réserve de nouvelles déconvenues, à compter du début des opérations, "il faudra deux semaines environ" pour vider les six premières cuves du navire, soit la moitié du fioul embarqué.

L'accord d'indemnisation ne convainc pas en France

Au chapitre judiciaire, un accord a été trouvé hier entre l'armateur Croisières Costa et une association représentant les intérêts de rescapés, qui, s'ils renoncent à poursuivre la compagnie seront dédommagés à hauteur de 11.000 euros pour leur préjudice et de 3.000 euros supplémentaires pour les multiples frais engagés. Cet accord est loin de faire l'unanimité.

D'emblée, une association française s'est élevée contre l'idée même d'une indemnité forfaitaire qui "heurte les principes de la réparation intégrale et de l'individualisation des préjudices subis, principes reconnus par les tribunaux" a déclaré la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs qui affirme représenter 70% des 462 Français qui étaient à bord.

"Il s'agit d'une erreur manifeste d'appréciation de ramener cet accident à un simple litige commercial dont la solution résulterait dans un accord avec des associations italiennes de consommateurs, d'ailleurs parfaitement inconnues des victimes françaises" estime l'association qui regrette "amèrement avoir appris par la presse" cette proposition d'indemnisation.

Des plaintes aux Etats-Unis

Dans le même temps, aux Etats-Unis, Gary Lobaton, un ancien membre de l'équipage, a déposé vendredi une plainte devant un tribunal de Chicago à l'encontre du croisiériste américain Carnival et de sa filiale italienne Costa Crociere.

Cette plainte, qui se veut en nom collectif, argue notamment que le jour du naufrage il n'a pas été prévenu "à temps des conditions dangereuses et meurtrières du bateau de croisière, afin d'éviter un traumatisme et la mort" et souligne que "les plaignants ont été abandonnés par le capitaine du Costa Concordia".

Enfin, à New York, l'avocat américain Mitchell Proner a annoncé qu'il préparait des poursuites en nom collectif, avec pour exigence au moins 125.000 euros par passager physiquement indemne, plusieurs fois ce montant pour les blessés et au minimum un million, pour les familles des défunts.

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