Crèches de l’Avent : l'Eglise de Nantes veut s’ouvrir davantage

Crèches de l’Avent : l'Eglise de Nantes veut s’ouvrir davantage

CULTURE – Alors que l’interdiction d’installer une crèche dans un lieu public en Vendée a créé la polémique, ces représentations de la Nativité dans les églises avant Noël, attirent toujours autant. Reportage à la basilique Saint-Nicolas de Nantes qui ne désemplit pas.

Devant la crèche, un petit garçon tend le bras. Il montre les statues : "Ane ! Bœuf !" A côté, sa mère acquiesce : "Oui, c’est ça ! Et les personnages, tu sais qui ils sont ?" Dans la basilique Saint-Nicolas , au cœur du centre de Nantes, les passants défilent devant la représentation de la scène de la Nativité, en une procession ininterrompue.

Brigitte Ferry, une paroissienne, n’est pas étonnée de ce succès : "La crèche est associée culturellement au folklore des fêtes : les gens vont au marché de Noël, puis viennent ici après. Le week-end, il y a des centaines de visiteurs !" Cette année, la scène est soignée, avec ses grands personnages colorés représentant Marie, Joseph et les bergers, placés sous une voûte étoilée.

Intérêt du public

Petite nouveauté, la basilique accueille en plus une dizaine de crèches fabriquées par des artistes d’Haïti. "On a voulu changer, innover", explique Brigitte, également responsable du jumelage avec le pays. "Ces crèches étrangères, taillées dans des morceaux de bois destinées à être jetés, font pénétrer dans une autre culture, et découvrir tout un art de la récupération." Car si les spectateurs chrétiens voient dans ces sculptures des références aux textes qu’ils connaissent, il s’agit aussi d’œuvres d’art, estime Brigitte.

Il y a une dizaine de jours,  le tribunal de Nantes a interdit l'installation d'une crèche au sein du conseil général de Vendée , en vertu du principe de laïcité. Brigitte hausse les épaules. "Ça devient tabou. Pourtant, ça fait partie de notre culture, de notre patrimoine historique et culturel." Mais les paroissiens veulent "continuer à interpeller". D'abord pour transmettre cette histoire religieuse : "90% des jeunes qui entrent dans cette église ne vont pas reconnaître ce que les tableaux représentent", indique Brigitte. "On adhère ou pas au message, c’est l’histoire de chacun. Mais ne pas avoir les clés de lecture, ne pas vouloir découvrir une autre culture, c’est dommage : comment comprendre les œuvres lorsque l’on va au musée ?"

Alors à Saint-Nicolas, la volonté est affichée de faire de la pédagogie. Des fascicules ont été édités, expliquant le sens de chaque personnage. Des bénévoles se relaient pour accueillir les arrivants. Un écran de télévision retranscrit les textes à partir desquels ont été fabriquées les crèches. Cette année, des bénévoles vont même devant le marché de Noël, indiquer au public que l’église est ouverte.
 

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