Dagniaux contre Danio : le petit glacier roubaisien s'attaque à Danone

FRANCE

CONSOMMATION – C'est un combat inégal sur le papier. D'un côté, le petit artisan local Dagniaux qui fabrique des glaces. De l'autre, la multinationale Danone. Le premier reproche au second la commercialisation de produits sous un nom phonétiquement proche du sien, "Danio". Une saisie pour contrefaçon a été réalisée, ce mercredi dans un hypermarché de Wasquehal, près de Lille.

C'est un peu le remake de David contre Goliath, version produits laitiers. Le glacier roubaisien Dagniaux s'attaque au géant Danone pour avoir commercialisé des en-cas dénommés... Danio. Mercredi matin, c'est en compagnie d'un huissier que le PDG, Sébastien Van de Velde, s'est rendu dans un supermarché de Wasquehal, près de Lille, pour une saisie.

"On a porté l'affaire en justice pour fraude et contrefaçon, souligne le directeur. A cause de cette dénomination très proche phonétiquement, nous avons été déréférencés par une centrale d'achat. Nous avons perdu 15% de notre chiffre d'affaires annuel ainsi. La grande distribution nous demande même de changer notre nom qui existe depuis 1927, c'est une aberration !"

Des emplois menacés 

C'est en début d'année que Danone lance cette nouvelle gamme d'en-cas. "Nous avons essayé à plusieurs reprises de les contacter pour trouver un règlement à l'amiable, poursuit-il. En revanche, lorsque nous avons tenté de déposer la marque Danaune, ils nous ont très vite contactés pour nous demander de la retirer sous risque de poursuite judiciaire."

Sébastien Van de Velde espère que cette saisie accélérera les choses. Le Nordiste, qui emploie 70 personnes, craint des licenciements. "Lorsque j'ai repris la marque il y a deux ans, la société était en difficulté. Aujourd'hui, elle est à l'équilibre, mais nous subissons les effets de la confusion."

De son côté, Danone assure ne pas vouloir porter atteinte à Dagniaux. "C'est une affaire en cours qu'il ne nous convient pas de commenter, indique la société à metronews. Nous faisons tout pour trouver une solution. Cela pourrait passer par une rencontre avec monsieur Van de Velde, sans passer par les avocats." En attendant, cette institution nordiste de la glace, créée en 1923 à Lille, a déjà engagé plus de 30 000 euros de frais de procédure. 

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