Dans le tram, des voix d'enfants déclament les arrêts

Dans le tram, des voix d'enfants déclament les arrêts

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TRANSPORT – Depuis ce mardi matin et jusqu’à jeudi, la traditionnelle voix féminine du tramway nantais est remplacée par des voix d’enfants. Derrière cette installation sonore, un jeune artiste Enlil Albanna.

"50-Otage. Place du Cirque. Commerce." Ce mardi matin, dans le tramway, les noms des arrêts s’égrènent. Comme d’habitude ? Pas vraiment. La traditionnelle voix féminine a été remplacée par des voix d’enfants . Dans la rame, des passagers lèvent la tête, étonnés. Certains en sourient, d’autres se replongent dans leur lecture.

Pendant trois jours, jusqu’à jeudi, les usagers vont ainsi se laisser guider par les intonations de six jeunes, âgés de 6 à 10 ans, pour chacun des 84 arrêts des lignes 1, 2 et 3. Cette installation sonore a été mise en place par Enlil Albanna, vidéaste et plasticien nantais de 23 ans. Une expérience qu’il avait déjà proposée il y a trois ans. "Cela avait bien marché", se souvient-il. "Mais je ne voulais pas le refaire tout de suite. Il fallait attendre que les gens soient à nouveau surpris."

"Il faut interpeller les gens sans être trop intrusif"

L’idée est venue il y a trois ans à cet étudiant aux Beaux-Arts en arpentant le métro parisien : "Les passagers font une tête pas possible, ils sont dans une bulle dont il est très compliqué de sortir, sans les agresser." Enlil cherche ainsi le moyen de créer la surprise. "Il fallait interpeller les gens sans que cela ne soit trop intrusif, comme un réveil en douceur. Le principe est né de changer la voix des transports. " Il démarche la Semitan, qui gère le réseau nantais. Banco. Son installation est mise en place un 1er avril. "J’étais stressé des réactions. Mais elles ont été plutôt positives", raconte Enlil.

Toute la journée, il est en effet allé observer, regarder : "Les gens rentrent dans le tram, s’étonnent, et au fur et à mesure commencent à comprendre la mécanique", raconte-t-il. "C’est intéressant de voir ces passagers, d’abord un peu coincés, avec un petit malaise, qui vont s’échanger des regards. Quelquefois, un dialogue se crée." Même si certains restent hermétiques : "J’ai remarqué que ce projet a un aspect maternel : il touche plus les femmes que les hommes", note Enlil. "Mais je n’ai pas l’ambition de changer la vie de Nantais. J’essaie juste de les faire sourire." Après s’être attaqué aux voyageurs de la Cité des ducs, le jeune homme espère étendre son concept à d’autres villes. "Paris serait le challenge ultime", rêve-t-il. "Les habitants y sont beaucoup plus durs à bousculer que les Nantais !"
 

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