Dans les prisons du Nord, c'est la grande évasion

Dans les prisons du Nord, c'est la grande évasion

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SOCIETE - L'année 2013 n'a pas été glorieuse pour les établissements pénitenciers du Nord Pas-de-Calais avec plusieurs évasions spectaculaires. Un phénomène en hausse qui ne s'arrêtera pas faute de moyens humains supplémentaires, selon les gardiens.

Il y a bien sûr eu l'évasion à l'explosif de Redoine Faid, en avril 2013, de la prison de Sequedin. En juillet, c'est un trafiquant de cannabis qui s'échappait en arrivant dans l'établissement. Son frère expliquait ensuite dans La Voix du Nord qu'il prenait des vacances avant de réintégrer sa cellule. Tout aussi révélatrice, l'évasion d'Hamid Hakkar du centre pénitencier d'Annoeulin en novembre. Emprisonné pour meurtre et lié au grand banditisme, il n'a pas réintégré la prison après une permission.

Béthune, Douai, Arras… Les cas d'évasions se multiplient dans la région. La semaine dernière, deux prisonniers se faisaient encore la belle du centre de semi-liberté d'Haubourdin. "Ça ne renvoie pas une image très positive des prisons de la région", concède Frédéric Bogaert. Le responsable FO Pénitentiaire reconnaît la hausse du phénomène. "On n'a pas encore les chiffres pour 2013 mais on n'en n'a pas besoin, explique-t-il. On sait très bien qu'il y a de plus en plus d'évasions."

Le confort des détenus passe avant la sécurité

Celles-ci surviennent la plupart du temps lors de transfert à l'hôpital ou de permissions. Quand un détenu reprend sa liberté, plusieurs sentiments animent Frédéric Bogaert et ses collègues. "Il y a de la frustration d'avoir failli à notre mission, reconnaît-il. Mais la fatalité et la colère prennent le dessus car il y a un manque criant de moyens. Aujourd'hui, chaque euro dépensé l'est pour le confort des détenus au détriment de la sécurité."

"L'évasion lors des extractions médicales c'est le sport national des détenus, confirme Laurent Scasselati, responsable régional de l'Ufap-Unsa. Ils sont informés de leur extraction, ils ont tout les loisirs de s'organiser et comme il y a un manque de moyen humain les cas se multiplient. Et pas uniquement dans la région."

Plus de fouilles systématiques

Les surveillants pointent aussi du doigt la baisse de leurs prérogatives. "On fait un métier dangereux, mais à chaque incident on doit se justifier. On ne peut même plus fouiller systématiquement les détenus après un parloir, peste Frédéric Bogaert. La prison ne fait plus peur à grand monde. Le premier réflexe de ceux qui arrivent c'est de voir qui ils connaissent, comme les gamins qui cherchent leurs copains le jour de la rentrée."
 

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