Débordé, le 115 ne répondra plus ce lundi

Débordé, le 115 ne répondra plus ce lundi

SOCIAL - Les travailleurs sociaux gérant le numéro d'urgence aux sans-abris ont décidé d'observer un mouvement de grève ce lundi. Ils veulent alerter les pouvoirs publics sur le manque chronique d'hébergements d'urgence.

"Chaque jour, c’est le même scénario. Nous recevons les appels d’environ 250 personnes vivant dans la rue, explique Valérie, travailleuse sociale au 115 en Haute-Garonne. Nous ne pouvons décrocher que 10 % des cas. Et quand on arrive enfin à nous joindre, dans plus de 90 % des cas nous n’avons aucune solution à proposer." 

La situation vécue par les travailleurs sociaux de Toulouse n’a rien d’exceptionnel. Dans la majorité des villes de France, les permanences du 115, le numéro d’urgence pour les sans-abris, sont saturées. Pour exprimer leur colère, ses salariés ont donc décidé de se mettre en grève pendant quelques heures, ce lundi, à l’appel de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars). Objectif : alerter les pouvoirs publics sur le manque de places en hébergement d’urgence.

"Une gestion au thermomètre"

Le sentiment d’impuissance grandit chez le personnel du 115, confronté à un nombre croissant de demandes de la part de femmes seules avec des enfants ou de jeunes entre 18 et 25 ans . "Humainement, c’est très dur pour nous de laisser ces personnes que nous sommes censés aider livrées à elles-mêmes, poursuit Valérie. ".

Au total, il y a 100 000 places en centre disponibles en France. Or, l'Insee a recensé près 150 000 personnes à la rue ou en logements précaires. Si 8 000 places supplémentaires sont ouvertes en hiver, une fois la nuit passée les personnes sont le plus souvent remises à la rue le matin. "Une gestion au thermomètre" selon la Fnars qui demande une ouverture de "toutes les places disponibles, sans attendre les grands froids, en garantissant la non remise à la rue forcée des personnes le matin".

Un "changement de logique" pour le gouvernement

Elle appelle également de ses vœux "un plan d’urgence sur les territoires en tension, visant à la mobilisation du parc social et privé pour loger et héberger les sans-abri de manière durable. Les associations de solidarité demandent donc au gouvernement une loi permettant la création de logements sociaux pérénnes. "Il y a un changement de logique", a assuré pour sa part vendredi soir la ministre du Logement Sylvia Pinel sur France Info. "Ouvrir les places en fonction des besoins et non pas en fonction des températures (...) c'est un changement de pratique", a-t-elle dit. "Evidemment, ces problèmes se posent quand il commence à faire froid (...), mais il faut absolument qu'on rappelle aussi qu'il y a 100 000 places pérennes d'hébergement tout au long de l'année dans notre pays", a-t-elle ajouté.

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