Des caméras pour repérer les voitures volées

FRANCE

SECURITE – Depuis 3 ans, la compagnie de sécurisation et d’intervention de Marseille utilise, via des caméras placées sur le gyrophare, la lecture automatisée de plaques d’immatriculation (LAPI). Un outil imparable pour détecter les véhicules volés.

Pas le temps de s’échauffer, la patrouille du major Gilles Garrigues et du brigadier-chef, Patrick Arnissolle commence sur les chapeaux de roues. A peine démarré, le véhicule de lecture automatisé de plaques d’immatriculation (Lapi) des deux policiers lance l’alerte. "Véhicule surveillé" crache d’une voie métallique le logiciel de détection de voiture volée. Sur l’écran de contrôle, l’image de l’utilitaire soupçonné se fige. Demi-tour immédiat, la filature commence.

Pas longtemps. Au feu rouge, le conducteur est prié de se ranger sur le bas-côté. Son passager prend aussitôt la fuite à pied. "Un sans-papier", souffle Patrick qui le laisse filer pour gérer la priorité : repérée par les 2 caméras situées sur le gyrophare, la fourgonnette appartenait à une personne disparue signale le central. Le conducteur fournit des explications confuses sur l’achat de l’utilitaire. Il est emmené au commissariat central de Marseille.

Un outil d’une redoutable efficacité

Après plus d’une heure de vérification, le conducteur est laissé libre. L’utilitaire avait bien été signalé en avril dernier. Mais depuis l’ancien propriétaire avait été retrouvé. "Une erreur administrative", ironise Gilles.

Mais pas le temps de s’agacer du temps perdu. La lecture automatisée de plaques d’immatriculation continue son travail imparable. Dès qu’une voiture est croisée, un bip "comme celui de Pacman" sourit Patrick, retentit. "C’est notre petite musique", note, d’un air concentré, Gilles en observant le trafic.

En 2012, lors de la première année de test du dispositif, "cette petite musique" du Lapi a fait l’effet d’un tube. Plus de 500 véhicules volés ont été retrouvés à Marseille ainsi qu’une centaine sous surveillance. Plus fort, le logiciel a permis de faire, avec l’aide des autres patrouilles, 70 interpellations en flagrant délit. "J’ai 23 ans de police, c’est la première fois que je vois un outil aussi performant, confie Patrick. Ça marche du feu de Dieu". Un sentiment partagé par Gilles, satisfait de pouvoir vraiment "rendre service" aux personnes victimes de vol de voitures.

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