Des chèvres et des moutons pour débroussailler les berges du Canal du Midi

FRANCE

ENVIRONNEMENT – Voies Navigables de France teste depuis quelques jours à Castanet-Tolosan un dispositif de tonte innovant. Ce sont des chèvres et des moutons qui se chargent de débroussailler les berges du Canal du Midi.

Voies Navigables de France (VNF) teste un débroussaillage écologique. Une quinzaine de chèvres et de moutons broutent depuis le 24 avril dernier sur les berges du Canal du Midi, près de l'écluse de Catasnet-Tolosan.

"C'est moins polluant et cela revient moins cher au m²", justifie Sarah, la gardienne du troupeau, accompagnée de Zorba, le chien chargée de surveiller les bêtes. Avec deux autres bénévoles, la jeune femme a créé en 2013 une association, LENA (L'élevage écologique nomade et alternatif), basée à Puivert (Aude), afin de proposer aux particuliers ou aux collectivités le service de leur quinzaine de bêtes.

Test sur la commune de Castanet-Tolosan

"Il y a quelques mois, en passant le long du canal du Midi, on s'est rendus compte que les berges étaient pleines de mauvaises herbes, et c'est là qu'on a eu l'idée de proposer à VNF de louer notre troupeau", raconte la jeune femme. Et c'est la subdivision Haute-Garonne de VNF qui a été la première à répondre positivement pour tester le dispositif jusqu'à la fin du mois de juin."C'est surtout sur la rive gauche, là où il n'y a pas de chemin, que nous rencontrons le plus de difficultés d'entretien car l'accès y est difficile pour les engins et les techniciens", explique André Marcq en charge de la subdivision de Haute-Garonne.

Ecologique, la tonte animale est également plus économique : 4000 euros le kilomètre, contre 6000 euros quand on fait appel aux humains et à leurs engins. Une statistique à prendre en considération quand on sait que VNF gère 25.000 km² de berges.

En deux semaines, à raison de 300 m² par jour, ronces, aubépines et herbes folles sont passées entre les dents et mâchoires des chèvres et moutons. Plusieurs fois par semaine, quand le terrain est rendu "propre" par le troupeau, Sarah déplace les clôtures électriques qui délimitent le périmètre de "travail" des chèvres. "C'est intéressant surtout dans les zones difficiles d'accès aux engins et aux hommes", ajoute Sarah, qui espère que l'association LENA pourra pérenniser le dispositif dans les mois à venir. Du côté de VNF on attend la fin de l'opération pour dresser un bilan définitif avant de reconduire pourquoi pas l'expérience sur les 40 km de berges en Haute-Garonne.

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