Des médecins manifestent à Lyon contre le projet de loi santé

Des médecins manifestent à Lyon contre le projet de loi santé

SANTE – Plusieurs centaines de médecins ont manifesté ce lundi devant l'Agence régionale de santé (ARS) à Lyon pour dénoncer le projet de loi santé de la ministre Marisol Touraine. Des appels à la grève ont également été lancés.

Un gros coup de gueule. Environ 400 médecins, principalement des chirurgiens du secteur privé, ont manifesté ce lundi devant l'Agence régionale de santé (ARS) à Lyon pour dénoncer le projet de loi santé qui constitue selon eux une "perte d'indépendance" et une "étatisation du système de santé". "Le projet de loi santé de la ministre Marisol Touraine va amener la disparition de la médecine libérale, une médecine étatique nous est imposée sans la moindre négociation avec les syndicats de médecins", a fustigé, en tenue de bloc opératoire, Jacques, chirurgien orthopédique exerçant à Lyon et "à trois ans de la retraite".

De nombreux autres chirurgiens, habillés en tenue hospitalière bleue ou en blouse blanche, ainsi que des infirmiers, s'étaient rassemblés à un carrefour près de l'ARS pour y déposer un cercueil en bois, sur lequel était gravée une plaque indiquant "médecine libérale". Après l'avoir rempli de feuilles de soins, ils l'ont brûlé sur une mélodie funèbre, en s'agenouillant autour.

"Il n'y aura plus de liberté"

"Cette perte d'indépendance, cette étatisation du système de santé libéral est inacceptable pour nous. Si le tiers-payant (pour tous, ndlr) passe, alors on sera aux ordres de l'assurance maladie, puisque l'article 1 de la loi de santé prévoit que c'est l'Etat qui donne sa mission aux assurances maladie et pas l'inverse", s'est aussi indigné Didier Legeais, vice-président de l'Union des chirurgiens de France (UCDF) et président du syndicat des médecins de l'Isère. Chirurgien venu de Bourg-en-Bresse (Ain), Pierre Eymard, a lui estimé qu'"avec ce nouveau projet de loi", ses confrères et lui allaient "devenir dépendants de la Sécurité sociale qui va rembourser ce qu'elle veut, quand elle veut".

Pascal Rostoucher, un autre chirurgien, a jugé "complètement démagogique de vouloir dire aux gens qu'ils vont avoir la santé gratuite". "La santé aura un coût, mais on n'aura plus le contrôle dessus et qui va prendre possession de tout ça : les mutuelles. C'est-à-dire que l'Etat va se désengager, filer les clés de la santé aux groupes de la mutualité et il n'y aura plus de liberté", a aussi redouté ce chirurgien de la main. Le projet d'étendre d'ici à 2017 le tiers-payant à tous les assurés cristallise aussi la grogne des médecins, qui n'apprécient guère la possibilité d'être directement payés par l'assurance maladie et par les mutuelles. Après une semaine de fermeture de cabinets, de grève des consultations dans les cliniques ou des gardes, certains appelaient à nouveau à cesser toute activité ce lundi et mardi.
 

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