Des soupçons d'enlèvement dans l'affaire de la famille niçoise partie pour la Syrie

Des soupçons d'enlèvement dans l'affaire de la famille niçoise partie pour la Syrie

POLEMIQUE – Selon l'avocat de trois proches des Niçois qui seraient partis faire le djihad en Syrie, les femmes et les enfants auraient été emmenés de force. Le responsable serait Oussama Ben Chaïb, connu des services de police "en raison de sa radicalisation" religieuse selon la préfecture des Alpes-Maritimes.

Dans quelles conditions onze Niçois ont-ils quitté la Côte d'Azur direction la Syrie via la Turquie ? C'est la question qui préoccupe trois de leurs proches, effondrés depuis ce départ soudain. Ce jeudi, ils ont été orientés par la nouvelle "cellule d'écoute et d'action face aux dérives fondamentalistes" de la ville de Nice vers l'avocat niçois et conseiller municipal de la majorité Philippe Soussi.

Le groupe a quitté la France le vendredi 26 septembre par la route, à bord d'un véhicule de location qui n'a pas été restitué, indique la préfecture des Alpes-Maritimes. Le lendemain, "à 19h17, un membre de la famille a signalé à la police la disparition d'un des adultes. Il s'est avéré qu'il s'agissait de la sœur du seul membre de cette famille à être connu des services en raison de sa radicalisation ancienne".

"Tout le contraire d'un départ volontaire"

Cet homme serait Oussama Ben Chaïeb, 30 ans. Il pourrait, selon Me Philippe Soussi, avoir "enlevé" les dix autres membres de sa famille : sa compagne Andrea Sovieri et leurs deux fils âgés de 6 et 4 ans, sa mère, ses deux belles-sœurs et leurs deux enfants… "Monsieur [Ivano] Sovieri nous a décrit tout le contraire d'un départ volontaire, mais plutôt un enlèvement de sa fille [Andrea] et peut-être aussi la soustraction de mineurs" développe l'avocat. Pour Me Soussi, "on n'a rien fait pour empêcher leur départ".

Une affirmation dont se défend la préfecture des Alpes-Maritimes. "Monsieur Ivano Sovieri s’est présenté à la police le 30 septembre vers 10 heures. Il a été reçu spécialement par un commandant de police. Deux autres membres de la famille ont été entendus le 3 octobre, dont monsieur Rhida Ben Chaïeb, époux de l’une des personnes disparues. Le directeur adjoint du cabinet du préfet a pris contact le 7 octobre avec monsieur Sovieri, qui n’a pas exprimé de demande particulière dans l’immédiat".

Pas de moyen légal d'empêcher un départ

Dans son communiqué, la préfecture rappelle que "dans l'état actuel du droit, les services de l'Etat n’auraient pas pu empêcher les départs de personnes majeures, sauf dans le cas d’une mesure de contrôle judiciaire prescrivant l’interdiction de quitter le territoire national. En revanche, la famille, qui de longue date redoutait un départ probable de plusieurs de ses membres, aurait pu faire part de ses inquiétudes à la plateforme nationale (Numéro Vert 0800 005 696), aux services de police et de gendarmerie ou à un magistrat, afin que des mesures de protection des mineurs soient immédiatement prises. De nombreux départs ont été contrariés grâce à la mise en œuvre des dispositifs de protection de l’enfance, qui emportent généralement une interdiction de sortie du territoire prononcée par l’autorité judiciaire".

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