Des trottoirs négociés par des proxénètes depuis la Roumanie

FRANCE
PROSTITUTION – Une enquête menée depuis plusieurs mois a conduit à un vaste coup de filet dans le milieu du proxénétisme. Une trentaine de jeunes filles, pour la plupart mineures, était forcées à se prostituer à Lille et à Grenoble.

La police a démantelé mercredi un vaste réseau de proxénétisme qui sévissait, depuis la Roumanie, à Lille et Grenoble et la Roumanie. Une trentaine de jeunes filles, âgées de 15 à 19 ans, étaient exploitées et obligées de se prostituer. Certaines étaient même droguées. L'affaire, révélée par La Voix du Nord , indique que certaines parties de trottoirs étaient négociées par les proxénètes, notamment le rond-point du Pré Catelan, à La Madeleine, et la Porte de Gand, à Lille.

Le maire de La Madeleine, Sébastien Leprêtre, a tenté à plusieurs reprises d'enrayer ce phénomène en prenant des mesures. Parmi celles-ci, un arrêté interdisant aux prostituées de s'exhiber dans des "tenues indécentes". Au rond-point du Pré Catelan, très fréquenté, les jeunes filles roms sont de plus nombreuses parmi les prostituées. Leur présence était régie par certaines règles, comme le montre l'enquête menée depuis l'automne par le groupe de répression du proxénétisme de la police judiciaire de Lille.

Un "casting" selon les rues

En effet, d'après les écoutes téléphoniques, on apprend que les zones où ces jeunes filles se prostituaient étaient échangées ou vendues entre proxénètes directement depuis la Roumanie. Le réseau plaçait les filles selon leurs critères physiques sur des axes précis. Ces dernières vivaient dans deux camps de la métropole, l'un à Fives, l'autre à Saint-André, dans des conditions d'esclavage.

Un autre réseau, en lien avec celui-ci, sévissait à Grenoble et procédait à des échanges de filles. Onze suspects ont été interpellés, six à Fives, et cinq autres à Saint-André, Grenoble et en Roumanie. Quatre d'entre eux ont été déférés jeudi à Lille et mis en examen pour proxénétisme en bande organisée.
 

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