Deux portraits d'"hommes debout" dérobés au parc Lebas

Deux portraits d'"hommes debout" dérobés au parc Lebas

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VOL - Deux oeuvres géantes du plasticien canadien Bruce Clarke installées au parc Lebas pour commémorer le génocide rwandais ont disparu depuis le week-end dernier. La communauté rwandaise qui se dit "indignée" a porté plainte.

Des trois portraits en pied représentant des "Hommes debout", il n'en reste aujourd'hui plus qu'un. Une seule silhouette esquissée, symbole des individus massacrés lors du génocide rwandais au milieu des années 1990. Les trois œuvres du plasticien canadien Bruce Clarke avaient été installées le 7 avril, sur les grilles du parc Jean-Baptiste-Lebas, pour commémorer ces événements. Elles devaient y rester 100 jours. Deux ont disparu depuis le week-end dernier. D'abord une première puis une seconde.

La communauté rwandaise de Lille se dit aujourd'hui "indignée". "Cet acte réveille des souvenirs douloureux, participe à un sentiment d’insécurité, relance la paranoïa dans la communauté", explique Joseph Zingoro, 49 ans, agent territorial et l'un des organisateurs de la commémoration du 20e anniversaire du génocide des Tutsis, au journal La Voix du Nord .

Amateurs d'art ou négationnistes ?

"Nous ne connaissons pas le ou les auteurs de ce forfait, amateurs d’art ou négationnistes ? Quoi qu’il en soit, nous aimerions réagir à ce geste car ces portraits symbolisent la survivance d’un peuple qu’on a voulu exterminer, poursuit-il avant de préciser avoir déposé plainte pour ce vol. Nous réfléchissons à une réponse, d’autres bâches sans doute dans un endroit plus sécurisé. Nous resterons vigilants."

Même réaction du côté de la mairie. "Je suis choquée par la disparition de deux des trois œuvres Les Hommes debout… C’est avec la plus grande fermeté que je condamne ces actes qui portent non seulement atteinte au travail de mémoire nécessaire dans notre pays pour les victimes du génocide et leurs familles, mais aussi à des œuvres d’art… Je veux témoigner mon soutien à la communauté rwandaise et ses représentants avec lesquels nous avons dévoilé les bâches. Nous veillerons à ce que cette œuvre de mémoire demeure dans notre ville jusqu’à la fin de la commémoration du génocide", a réagi Martine Aubry, maire de Lille.

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