Discriminée par Pôle emploi, une mère de jumeaux autistes poursuit son combat

FRANCE

SOCIETE – Pôle emploi lui a certes versé des dommages et intérêts pour avoir refusé de l’inscrire au motif que ses enfants sont handicapés. Mais cette maman de Marcq-en-Barœul, près de Lille, va déposer une nouvelle plainte le 2 juin pour "discrimination" et "déni de justice". Le but : faire jurisprudence. Rencontre.

Pour Meryem, la victoire n’est pas totale. Pôle emploi lui a certes versé en avril 2013 des dommages et intérêts pour avoir refusé de l’inscrire au motif que ses jumeaux autistes sont handicapés, mais sa plainte pour discrimination a été classée sans suite. Ce lundi 2 juin, elle va donc en déposer une nouvelle pour "déni de justice".

"On voudrait que l’acte discriminatoire soit reconnu et qu'il y ait une condamnation pour faire jurisprudence", confie cette habitante de Marcq-en-Barœul, près de Lille. Sa vie et celle de son mari ont basculé en avril 2012, lorsque cette jeune maman a voulu s’inscrire au Pôle emploi de La Madeleine. Mais le responsable de l'agence refuse son inscription. "Dès que j’ai parlé de mes enfants autistes, il m’a dit que ma place était chez moi, poursuit-elle. Ce motif est inscrit noir sur blanc sur une lettre que j'ai reçue."

Un cercle vicieux

Le souci, c’est que Meryem ne peut plus prétendre à des allocations-chômage, ni même entreprendre une reconversion. Elle ne peut pas, non plus, travailler dans la restauration, à cause des horaires décalés. Jean-Luc, son mari, ne travaille pas, il s’occupe de Samy et Yanis, âgés de trois ans à l’époque. Privé de revenus, le couple doit quitter son logement. "Le RSA, je ne pouvais pas le toucher automatiquement puisque j’avais des droits Assedic, c’était un cercle vicieux", raconte Meryem.

Après des courriers et un dépôt de plainte, et grâce à la médiatisation et aux soutiens dont elle bénéficie, Meryem obtient finalement réparation il y a un an. "Grâce à une recommandation du défenseur des droits, mon inscription a pu se faire et j’ai reçu 3 000 euros de dommages et intérêts", précise-t-elle. Aujourd’hui, le couple souhaite faire évoluer les choses. "Même si le procureur a classé l’affaire sans suite, on estime qu’il y a bien eu discrimination par ricochet. C’est bien parce que mes enfants sont handicapés qu’on a vécu tout cela. Je voudrais pour eux et pour d’autres qui sont dans notre situation poursuivre notre action", conclut-elle. Pour fédérer et soutenir des familles dans le même cas, le couple a créé une association baptisée " Collectif citoyen handicap ". 

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