Disparition de Fatima à Marseille : la piste Patrick Salameh se précise

Disparition de Fatima à Marseille : la piste Patrick Salameh se précise

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JUSTICE - Patrick Salameh, un quinquagénaire qui doit comparaître en mars après la disparition de trois prostituées à Marseille en 2008, vient d'être renvoyé devant les assises pour la disparition cette même année d'une jeune femme de 21 ans.

C'est l'une des plus grandes énigmes judiciaires de ces dernières années. Le 7 mai 2008, Fatima, une jeune baby-sitter de 21 ans, disparaissait à proximité d’une station de métro dans les quartiers Nord de Marseille. Après plusieurs mois d’enquête, aucune piste n’aboutit. Coup de théâtre la semaine dernière. Le juge d’instruction en charge de ce dossier décide de renvoyer Patrick Salameh, également soupçonné d’être à l’origine de la disparition de trois prostituées à Marseille , devant les assises pour son rôle supposé dans la disparition de Fatima.

Mais alors comment celui que l’on surnomme "le tueur en série de Marseille", se retrouve-t-il lié à l’affaire Fatima ? Pour rappel, il avait précédemment été mis en examen en 2012 pour son rôle présumé dans la disparition de la jeune femme. Selon le parquet, son renvoi devant les assises est motivé par un "un faisceau d'indices". "Son implication est établie", précise la juge dans son ordonnance de renvoi selon La Provence. Détail troublant souligne la magistrate : une sans domicile fixe aurait affirmé que Patrick Salameh lui avait demandé de fixer des rendez-vous avec des baby-sitters.

Les avocats sceptiques

Sans surprise, l'avocat de Patrick Salameh, Me Emmanuel Molina, a décidé de faire appel lundi de cette ordonnance de renvoi, auprès de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, alors que son client conteste toute participation à ces faits. "L'ordonnance de mise en accusation ne contient pas de charges suffisantes pour justifier d'un renvoi en Cour d'Assises", estime dans un communiqué l'avocat, qui dénonce "la spéculation et l'esprit de facilité" ayant dominé selon lui cette procédure. "Rien n'est pire que l'auto-conviction judiciaire animée de la volonté d'obtenir un résultat coûte que coûte," ajoute-t-il.

De son côté, l'avocat de la famille de Fatima exprimait aussi lundi son scepticisme, après cette décision de renvoi. "On privilégie la thèse la plus facile", a regretté Me Victor Gioia. "Je ne comprends pas cette précipitation à clore le dossier. L'accumulation de doutes ne fait pas pour autant des certitudes", a-t-il estimé, ajoutant que "des pistes n'ont pas été explorées" et que "la famille de Fatima ne peut se faire entendre depuis le début de la procédure". "Ce qu'on veut, ce n'est pas une sentence, mais la justice". La décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, après l'appel formé par la défense de Patrick Salameh, n'est pas attendue avant plusieurs semaines.
 

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