Disparus de Bolivie : "Le verdict reste pour nous un résultat en demi-teinte"

Disparus de Bolivie : "Le verdict reste pour nous un résultat en demi-teinte"

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JUSTICE – Vendredi, la justice bolivienne a condamné Jaime Martinez, accusé d’avoir tué Fannie Blancho et Jérémie Bellanger, à 30 ans de prison. Trois autres accusés ont été relaxés. Les parents du jeune couple disparu en 2010 racontent.

Ils sont à la fois soulagés, et déçus. Vendredi, le tribunal de Trinidad  a condamné Jaime Martinez, accusé d’avoir fait disparaître Fannie Blancho et Jérémie Bellanger, à 30 ans de prison . Mais trois autres accusés, poursuivis pour complicité, ont été relaxés. Ce verdict marque l’aboutissement d’une longue quête de la vérité pour les parents du jeune couple disparu en 2010 en Bolivie. Patrick Bellanger, le père de Jérémie, raconte les derniers jours du procès.

"Durant l’audience finale du jeudi 27, nous avons pu nous exprimer en tant que parents des victimes, ainsi que ma soeur Dominique Bellanger, en tant que représentante de l’association Solidarité Jérémie-Fannie. Les accusés, à l’exception d’Azar Martinez (père de l’accusé principal), ont parlé ensuite, clamant leur innocence . Le verdict est tombé en fin d’après-midi : 30 ans pour Jaime Martinez et acquittement pour Roberto Forero, Rosmery Roca et Azar Martinez.

"C'est l'aboutissement de plus de trois ans de combat"

Ce verdict reste pour nous un résultat en demi-teinte. Nous sommes bien sûr très satisfaits que Jaime Martinez ait été condamné à 30 ans de prison incompressibles et qu'il doive purger sa peine dans la prison de haute sécurité de Chonchocoro à La Paz, comme l'avaient requis, à notre demande, nos avocates.

C'est l'aboutissement de plus de trois ans de combat pour obtenir justice et nous pensons que cela fera un exemple en Bolivie. Pour que des personnes telles que Jaime Martinez ne pensent plus qu'ils peuvent assassiner en toute impunité et pour montrer qu'une condamnation est possible même en l'absence des corps.

"Nous allons de toute façon faire appel"

Par contre, l'acquittement des trois autres accusés fut une grande déception. Nous, parents de Jérémie, attendons la résolution complète (audience à Trinidad dimanche 2 mars à 17 heures) pour connaître les arguments du tribunal concernant la relaxe de Roberto Forero et de Rosmery Roca. Le témoignage anticipé du témoin oculaire de l'assassinat évoquait pourtant la présence de ces deux accusés sur les lieux et impliquait logiquement une condamnation pour complicité. Pour Azar Martinez, la loi bolivienne prévoit malheureusement l'impunité pour les parents couvrant les actes de leurs enfants.

Nous allons de toute façon faire appel de cette décision, de même que le Ministère Public. Cet appel pourrait se juger d'ici deux à trois mois. Nous aurions évidemment souhaité que les accusés reconnaissent leur crime et nous disent enfin où se trouvent les corps de Fannie et Jérémie. Il nous apparaît malheureusement logique que, selon leur stratégie, ces personnes continuent de clamer leur innocence. Il est très vraisemblable, notamment dans le cas de Jaime Martinez, qu'ils espèrent encore changer la donne au cours de l'appel sur la sentence et sur l'extinction de l'action pénale.

"Le combat est loin d'être terminé pour nous"

Nous restons toutefois en contact avec diverses connaissances à Guayaramerin dans l'espoir qu'un jour quelqu'un parle et nous permette de retrouver les corps. Maryline et Jean-Paul Blancho sont partis pour La Paz ce matin afin de rentrer en France dès la semaine prochaine mais nous restons encore quelque temps pour préparer l'appel avec nos avocates.

Il est certain que lorsque tout sera fini, le contrecoup sera très dur mais il demeure encore beaucoup de démarches juridiques à réaliser : appel, cassation et par la suite requête auprès de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme. Celle-ci peut en effet obliger le gouvernement bolivien à reprendre l'enquête et à rechercher les corps.

Le combat est donc loin d'être terminé pour nous, il ne s'agit que d'une étape sur le chemin de la vérité qui, nous l'espérons, finira par sortir au grand jour."
 

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