Drogue, kalachnikovs : la Castellane au bord de la crise de nerfs

Drogue, kalachnikovs : la Castellane au bord de la crise de nerfs

DirectLCI
SOCIETE – Pendant près d’une journée, les habitants de la cité de la Castellane dans le 16ème arrondissement de Marseille ont vécu en état de siège durant une opération de police pour tenter de retrouver des hommes qui avaient tiré à la kalachnikov le matin même. La goutte d’eau qui fait déborder le vase pour de nombreux habitants de cette cité en proie au trafic de drogue depuis des années.

Les habitants de la Castellane l’appellent la "tour magique". Une barre d’immeuble d’une dizaine d’étages, devenue en quelques années le symbole du trafic de drogue à Marseille. C’est là que la police avait saisi plus d’un million d’euros en 2013. C’est là aussi que lundi matin, vers 9 h 30, un commando armé de kalachnikovs venu d’une autre cité a fait irruption pour tenter de prendre le contrôle de ce "point stup".

LIRE AUSSI >>> Coups de feu à Marseille : "Quand j'ai entendu tirer, je me suis baissé pour me protéger"

"Je me trouvais dans mon appartement quand j’ai vu par la fenêtre des types errer avec les armes puis d’un coup ça a tiré", raconte nerveusement Fatima l’une des résidentes de la tour K. "Tout le monde sait qu’il y a beaucoup d’argent qui circule dans cette tour, c’est pour ça qu’elle est 'magique' car ici c’est la misère" explique-t-elle en souriant comme pour mieux évacuer la peur.

"Maman vient me chercher"

Son sourire, Mohamed l’a perdu depuis bien longtemps. Déjà 5 ans qu’il habite à proximité de la tour. Presque autant à demander un relogement dans un autre quartier. "Tous les jours il se passe un truc grave, assure-t-il. J’ai peur pour moi, ma femme et surtout mes enfants. Écrivez-le, je veux partir d’ici, je ne veux plus rester. Que faut-il ? Qu’un innocent meurt pour qu’on me trouve un autre logement", lâche-t-il dans un mélange sourd d'angoisse et de colère.

Céline, elle, n’habite pas la cité. Piégée par l’imposant barrage de policiers dressé pour sécuriser la cité, elle a passé la journée à attendre la sortie de son fils du collège Henri-Barnier. "Dès que j’ai appris la nouvelle à la radio, je me suis précipitée. Deux secondes après, Léo m’a envoyé un SMS pour me dire : maman viens me chercher", murmure-t-elle au bord des larmes. "Je ne réfléchis même plus, demain je le déscolarise d’ici", assure-t-elle en tirant nerveusement sur sa cigarette.

A LIRE AUSSI >> La venue de Valls perturbée par les kalachnikovs

L’armée en renfort ?

Venu à la rencontre des habitants de la Castellane, le député PS du secteur Henri Jibrayel craint que la fusillade de lundi "ne stigmatise" encore un peu plus cette population. "Les gens sont terrorisés, pris en otage ici. Cette cité souffre maintenant depuis bien trop longtemps. Le gouvernement nous a envoyé des renforts de police, mais il faut passer la vitesse supérieure en restant sur place 5,6 ou 8 mois", préconise l’élu se rangeant dans un sens aux propos de Samia Ghali. "Sur l'intervention de l'armée, on me disait tu vas trop loin Samia. Aujourd'hui, je leur réponds vous n'allez pas assez vite", glisse la sénatrice.
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter