Ecole de la Busserade : "On est victime de racisme scolaire"

FRANCE
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EDUCATION – Une vingtaine de parents d’élèves de l’école primaire de La Busserade, dans le 3e arrondissement de Marseille, a manifesté lundi matin devant la direction de la vie scolaire pour demander l’ouverture d’une école dans leur quartier, trop peu fourni en établissements scolaires selon eux.

Ils ne désarment pas. Dans le 3e arrondissement de Marseille, ce n’est pas l’application de la réforme des rythmes scolaires qui cristallise les tensions. Encore que. Mais plutôt les sureffectifs dans les classes de primaires à l’image de ceux de l’école de la Busserade. "C’est une cocotte-minute qui va exploser", prévient un parent d’élève devant le siège de la vie scolaire de Marseille, théâtre lundi d’une nouvelle  manifestation pour demander l’ouverture en urgence d’une école supplémentaire dans leur quartier.

"La Busserade a été faite en 3 mois avec des préfabriqués, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas en refaire une d’ici la rentrée prochaine", s'exclame Barbara, maman de Mathéo. Un bambin de 5 ans qu’elle dit "traumatisé" par son cadre de vie à l’école. "Il n’ose plus aller aux urinoirs parce qu'ils sont trop hauts et qu’il y a trop de monde", explique-t-elle avant de dénoncer la taille "trop petite" de la cour de récréation. "Ils ne peuvent rien faire lorsqu’il pleut. Ils restent sous le petit préau", assure-t-elle.

Des classes surchargées

Une série de dysfonctionnements liée au sureffectif de l’école de La Busserade résume le directeur de l’école Frédéric-Berthet. "Nous sommes censés accueillir entre 15 et 20 élèves de plus à la rentrée prochaine, mais je ne sais pas comment on va faire", s’inquiète le responsable. Ouverte en 2010, pour désengorger les écoles voisines, l’établissement accueille aujourd’hui près de 180 élèves pour 7 classes de primaires, soit une moyenne de 25 élèves par cours. "D’un point de vue scolaire, ça a un impact sur l’apprentissage, ajoute le directeur. D’autant que nous sommes dans une zone d’éducation prioritaire".

"Mais la ville s’en fout de nous renchérit une mère de famille. On est pauvre, dans un secteur pauvre. Les enfants vont être dégoûtés de l’éducation. C’est du racisme scolaire". Du point de vue de la municipalité, la situation est prise au sérieux mais Danièle Casanova, l’élue en charge de l’Education, demande "patience". "Un nouvel établissement de 20 classes sera ouvert à proximité pour 2015", indique-t-elle. Reste un an à attendre. Quitte à encourager la scolarisation dans les écoles voisines parfois moins surchargées. "C’est sympa, ironise Barbara, mais l’école la plus proche pour moi est à 25 minutes à pied et je n’ai pas de voiture !".

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