Ecotaxe : le procès des 11 militants bretons à Rennes est reporté

Ecotaxe : le procès des 11 militants bretons à Rennes est reporté

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JUSTICE – Le tribunal de Rennes a donné son accord à une demande de report de l’un des prévenus. Il comparaissait avec 10 autres pour "association de malfaiteurs" et "destruction" d'un portique écotaxe dans la Manche.

Il va falloir attendre. Le procès de onze militants bretons qui se tenait mardi devant le tribunal correctionnel de Rennes pour "association de malfaiteurs" et "destruction" d'un portique écotaxe dans la Manche, a été renvoyé au 15 mai.

Parmi les onze prévenus, âgés de 21 à 47 ans, dont huit étaient détenus depuis leur interpellation vendredi, quatre ont été maintenus en détention. Les autres sont libres sous contrôle judiciaire.
La demande de report a en fait été formulée par un des prévenus. Le tribunal a donné son accord au renvoi, mais a refusé de disjoindre les autres cas, en raison de "mises en cause croisées".

Troadec "choqué"

Christian Troadec, maire de Carhaix et l'une des figures de proue du mouvement des Bonnets rouges, dont font partie certains accusés, était présent dans la salle d'audience. "C'est choquant pour les familles qui sont là", a-t-il réagi après l'audience en commentant les placements en détention provisoire de quatre des militants. Selon lui, les prévenus sont "des gens simples qui ont voulu se rendre utiles (par rapport à l'écotaxe, ndlr)".

Il s’est également dit "très ému" devant le sort réservé à "ces jeunes qui ont eu raison trop tôt", en faisant allusions aux déclarations de la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, qui a parlé de "remise à plat" de la mesure.

"Une volonté de détruire", pour l'avocat général

De son côté, l'avocat général Arnaud Marie a estimé qu'"il ne relève pas d'un mouvement de revendication que d'organiser dans le secret des actes de destruction", faisant allusion aux revendications des Bonnets rouges. "Je ne vois pas de trace légitime d'une protestation mais une volonté de détruire". Selon le procureur de Rennes en effet, Thierry Pocquet du Haut-Jussé, les suspects "projetaient de détruire des biens publics en profitant de manifestations" et les interpellations sont intervenues "alors qu'ils se préparaient à commettre à nouveau de tels actes".

Une cinquantaine de personnes, dont certaines coiffées de bonnets rouges, se sont pacifiquement rassemblés devant la cité judiciaire de Rennes mardi après-midi pour apporter leur soutien aux prévenus. Ils arboraient des drapeaux bretons et une banderole clamant : "Liberté pour les prisonniers politiques bretons".

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