Elles sont au cœur de la grogne des agriculteurs : que sont les "zones défavorisées" ?

France
DirectLCI
TERRITOIRES - Depuis les années 1970, de nombreux agriculteurs dont l'exploitation est placée en "zone défavorisée" bénéficient d'aides pour compléter leurs revenus. La nouvelle mouture de la carte, que doit dévoiler le ministre de l'Agriculture ces prochains jours, inquiète les exploitants. LCI vous explique pourquoi.

Jeudi 22 février, le président de la République recevait 1000 jeunes agriculteurs à l’Elysée, deux jours avant sa visite au Salon de l’agriculture à Paris, samedi 24 février. L'occasion pour Emmanuel Macron de discuter avec les exploitants inquiétés par de nombreux sujets. Outre les états généraux de l'alimentation et la possibilité d'un accord entre l'Union européenne et le Mercosur, ils attendent avec fébrilité la publication de la nouvelle carte des "zones défavorisées".  

Les zones défavorisées déterminent le versement de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) hors montagne, une aide qui permet de compléter les revenus des agriculteurs dont l’exploitation se situe dans une zone où les conditions naturelles sont difficiles. Cette carte, dont l'objectif consiste donc à maintenir l'activité agricole dans les zones défavorisées, constituera la base de travail pour démarrer la négociation avec la Commission européenne, qui a demandé en 2016 aux Etats membres de revoir les critères de définition de ces zones.


L'ICHN, versée à 25% par l'Etat et à 75% par le Feader (Fonds européen agricole de développement rural), représentait un budget annuel de 1,05 milliard d'euros en 2017 et bénéficiait à 99.000 agriculteurs. Au 1er janvier 2017, 16.117 communes étaient classées en zone défavorisée, avec une prééminence des régions Auvergne, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.

En vidéo

Agriculteurs : qu'est-ce qu'une zone défavorisée ?

1.400 communes retirées des "zones défavorisées"

Selon les premières informations données par le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, 1.400 communes perdraient les aides européennes après la refonte de la carte des "zones défavorisées".  Pour essayer de compenser les pertes, le ministre souhaite mettre en place un dispositif d’accompagnement par l’élaboration de diagnostics territoriaux sur le nombre de bénéficiaires sortants. 


Un groupe de travail réunissant l'Etat et les conseils régionaux aura pour mission d'identifier des outils adaptés aux différents territoires et la mise en place de deux groupes de travail pour se pencher sur des départements spécifiques. 

En vidéo

Emmanuel Macron sur les "zones défavorisées" : "Dans les prochaines semaines un travail d’accompagnement sera construit"

Ce jeudi midi lors de son discours à l'Elysée face aux jeunes agriculteurs, Emmanuel Macron a remarqué que "ceux qui rentrent ne disent pas merci" et sont "étrangement" assez peu interviewés. "Je sais l’angoisse pour celles et ceux qui vont en sortir car c’est une part importante de leurs revenus", a ajouté le Président. "Dans les prochaines semaines un travail d’accompagnement sera construit. Je veux que durant les semaines et les mois qui viennent, pour ceux qui sont impactés, on construire des mécanismes de substitution qui permettront d’accompagner ces changements". 


Mais cela suffira-t-il à rassurer les syndicats d'agriculteurs ? La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et Jeunes agriculteurs (JA) estiment que le "travail est loin d'être achevé". "La carte du ministre exclut encore trop de zones du dispositif et les solutions pour les accompagner ne sont pas suffisantes", ont-ils écrit dans un communiqué mardi. "Les agriculteurs qui vont perdre les aides ne peuvent se contenter de réflexion ou de promesses d’engagements. Ils attendent du concret", ont-ils ajouté. 


La nouvelle carte est appelée à remplacer au 1er janvier 2019 la carte actuelle.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter