Enfant noyé à Toulouse : "On n'est pas bien surveillés"

FRANCE
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FAIT-DIVERS – Au lendemain de la noyade d'un enfant de cinq ans à la piscine Nakache, le bassin toulousain a rouvert ses portes dimanche après-midi. Entre colère et consternation, le public pointe du doigt le manque de vigilance des maitres-nageurs.

La plus grande piscine de Toulouse a rouvert 24 heures après la noyade d'un enfant de cinq ans. Prévue à 13 heures, l'ouverture des grilles a finalement eu lieu à 14 h 30. Le soleil et les températures estivales aidant, la foule s'est pressée pour se rafraîchir. Presque comme si de rien n'était.

"Je suis bouleversée, je viens de l'apprendre", témoigne Fatima une fidèle de Nakache depuis deux ans et présente samedi sur les bords des bassins. "L'attitude de certains maîtres-nageurs m'interpelle. Hier, j'étais à côté de celui qui surveillait le bassin où la profondeur est de 1,80 m (à l'opposé de là où s'est noyé l'enfant ndlr), derrière ses lunettes il avait les yeux fermés comme s'il faisait la sieste. Je me suis dit : "il ne regarde pas le bassin !"

Nager dans l'eau sans bonnet pendant une demi-heure

Habitué de la piscine olympique Castex situé à côté de Nakache, Kader note aussi un certain relâchement dans la surveillance. "On n'est pas bien surveillés. Un gars sans bonnet de bain pourra nager facilement une demi-heure avant qu'un surveillant lui fasse remarquer". Glaces à la main deux jeunes filles déambulent le long du grand bassin où nagent et batifolent dans l'eau de nombreux enfants. A intervalles réguliers, un homme fait une annonce micro demandant aux parents de surveiller les enfants âgés de moins de dix ans.

"Je ne lâche pas mes enfants une seconde"

Accoudé à la rambarde du bassin, un Toulousain apprend lui aussi la nouvelle de la noyade de l'enfant de cinq ans. "Quand je viens avec mes petits-enfants, je ne les lâche pas une seconde", explique-t-il avant de formuler une critique. "J'ai l'impression que les maîtres nageurs (MNS) surveillent davantage le fait qu'on ne mange pas sur les plages proches du bassin !"

Du côté de la municipalité, on reste prudent. Interrogée par metronews, Laurence Arribagé adjointe aux Sports insiste en affirmant que "pour l'instant aucun dysfonctionnement n'a été noté dans l'organisation de la surveillance et les maitres-nageurs sauveteurs n'étaient pas en sous-effectif".

Samedi après-midi Anas a été retrouvé gisant au fond de l'eau dans la partie du bassin réservée aux enfants ne sachant pas nager vers 16 h 15 par un camarade. Aussitôt pris en charge par les MNS puis les pompiers, le garçonnet est décédé lors de son transfert vers le CHU de Toulouse. L'enquête policière devra déterminer dans les prochains jours les causes du décès.

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