Entrepreneurs : il y a une vie après la faillite

Entrepreneurs : il y a une vie après la faillite

ECONOMIE – Des initiatives émergent dans l’Ouest pour venir en aide aux chefs d’entreprise qui déposent le bilan, pour les soutenir psychologiquement, éviter qu’ils ne se suicident et les aider à rebondir.

Jeudi soir, dans un amphithéâtre d’Audencia. Au pupitre, Philippe Rambaud parle du "triple traumatisme personnel, professionnel et financier" que connaissent les chefs d’entreprises qui déposent le bilan. Lui l’a connu en 2008, après l’échec de la start-up qu’il avait lancée huit ans plus tôt . Depuis, cet ancien directeur marketing chez Danone a lancé une nouvelle boîte… mais aussi 60.000 Rebonds, qui aide les "entrepreneurs post-faillite" à repartir sur un projet entrepreneurial.

Changer le regard de la société

"Beaucoup font trop souvent l’amalgame "J’ai échoué, donc je suis nul"", regrette Fabienne Boisneau, vice-présidente de l’antenne nantaise de l’association . "Il faut simplement prendre conscience de ses erreurs, pour ne pas les reproduire dans le projet d’après." 60.000 Rebonds propose donc des séances de coaching gratuites à ses adhérents, et le parrainage d’autres chefs d’entreprises en activité. Son fondateur milite aussi pour que les écoles de commerce enseignent le "fail management" - le "management de l’échec" - à leurs étudiants. "C’est aussi le rôle des parents d’apprendre à leurs enfants, dès l’âge de 2 ou 3 ans, à savoir gérer l’échec", insiste Philippe Rambaud.

Une cellule d'aide au tribunal de commerce

En attendant que les mentalités changent, le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon (Vendée) va lui mettre en place en janvier une cellule d’aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë (Apesa), comme c’est déjà le cas à Saintes (Charente-Maritime) : une plateforme téléphonique mettra en relation ceux qui le souhaitent avec un psychologue, le tout sous 48 heures. "Depuis un an et demi, nous voyons presque toutes les semaines, à l’audience, des gens qui pleurent et qui sont en détresse", observe la greffière, Alix Printems. "On a pris cette initiative après qu’un homme ait menacé le président du tribunal de se suicider s’il liquidait son entreprise… Face à un tel ultimatum, on ne pouvait pas rester sans rien faire."

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