Eric Zemmour en 5 dérapages

Eric Zemmour en 5 dérapages

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POLÉMIQUE - En comparant des "bandes de Tchétchènes, de Roms (...), d'Africains" aux invasions des Huns lundi 5 mai sur RTL, le chroniqueur s'est rappelé au bon souvenir des associations anti-racistes. Mais ce n'est pas la première fois qu'Eric Zemmour s'illustre par ce genre de propos. Retour sur ses 5 dérapages les plus médiatiques.

On sait Eric Zemmour particulièrement attaché au respect des frontières et sur les politiques d'assimilations des populations immigrées sur le territoire français. Des positions qui ne manquent pas de choquer, dès lors qu'elles le conduisent à attribuer la délinquance de rue à des "bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d'Africains." Des propos pour le moins radicaux qui ont choqué plus d'une association antiraciste, notamment le Conseil représentatif des associations noires , qui a saisi le CSA pour cette occasion. Mais Zemmour est un récidiviste en la matière...

1. "La plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes"

Sans être la plus ancienne, cette saillie est celle qui aura fait le plus pour la célébrité d'Eric Zemmour. Invité sur le plateau de "Salut les Terriens" et aux prises avec la militant Rokhaya Diallo et Bernard Murat, le polémiste, avec cette phrase, justifie les contrôles au faciès. Des propos tenus le 6 mars 2010 qui l'ont conduit à être condamné début 2011 à 1000 euros d'amende avec sursis et 10.000 euros de dommages et intérêts à des associations antiracistes, pour provocation à la haine raciale.

2. "On parle de l'IVG comme on [parlerait] d'une opération de l'appendicite"

Dans cette nouvelle chronique matinale sur RTL, diffusée le 3 février 2010, Eric Zemmour s'attaque à loi Veil et son supposé "détournement". Le propos est composé en deux actes. Outre l'habituel couplet sur "le statut pénal du fœtus" et les références nombreuses à l'argument de  "confort" vénéré par les anti-IVG, le polémiste explique que, sans l'avortement, la population française compterait "7 millions de personnes" de plus.

Soient 72 millions d'habitants, ce qui la situerait "plus très loin de l'Allemagne". Un "mini baby-boom" qui aurait eu "une influence sur la croissance économique et le poids politique [de] la France". Un raisonnement qui évite de mentionner que les courbes démographiques des deux pays étaient déjà appelées à se croiser dans les prochaines décennies. Grâce notamment à l'indicateur de fécondité de la France , l'un des plus élevés en Europe.

3. "La discrimination à l'embauche est un droit"

"Discriminer, c'est choisir. Discriminer, c'est la liberté." Invité le 6 mars 2010 dans l'émission "Hebdo" de la chaîne France Ô, le journaliste participe à un débat autour de la Halde, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Refusant de consacrer la discrimination comme un délit, il explique au contraire qu'elle est une prérogative de l'employeur que personne ne peut véritablement remettre en question : "La vie est injuste."

La discrimination à l'embauche, un délit ? Plutôt une conséquence idéologique de "la discrimination positive" contraire à "la tradition républicaine française", fait-il valoir. Une "tradition" qui lui vaudra quand même une condamnation, en même temps que pour ses propos sur le plateau de "Salut les Terriens".

4. "C'est pas l'histoire de France, Mohamed"

Aux côtés de son compère Eric Naulleau, Eric Zemmour argumente en faveur d'une thèse qui lui est chère, celle du modèle d'adaptation des immigrés à la France. Loin de vouloir favoriser l'intégration, le journaliste rêve d'un modèle assimilationniste . "L'histoire de France, dit-il, c'est le christianisme", pour justifier que les familles d'origine étrangère nomment leurs enfants "avec des prénoms du calendrier" et non avec ceux issus de leur propre culture.

5. "Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues, sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais."

Avec cette chronique de nouveau diffusée sur RTL, quelques jours après l'arrivée de Christiane Taubira au ministère de la Justice, le polémiste fait un grand chelem au sujet de la toute récente ministre de la Justice, déjà ciblée par les ténors de l'opposition qui la soupçonnent de laxisme. Pour Eric Zemmour, la première faute de la Guyanaise, c'est sa tendance au communautarisme et à l'anti-masculinisme.

La réaction des associations antiracistes ne se fait pas attendre : l e Mrap comme SOS Racisme dénoncent le "machisme" et le "racisme" du chroniqueur , ce dernier espérant que ses "complexes se résoudront sur un divan plutôt que par l'expression radiophonique d'une haine quotidienne obligeamment permise par la sollicitude de RTL à l'endroit de ce personnage".

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