Et si une bombe nucléaire explosait à Lyon ?

Et si une bombe nucléaire explosait à Lyon ?

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PROSPECTIVE - C’est le scénario catastrophe imaginé par l’observatoire des armements de Lyon dans une étude qui paraît jeudi. Son auteur, Dominique Lalanne explique à metronews les conséquences concrètes d’une telle hypothèse.

Le scénario fait froid dans le dos. Et si, un jour, pour une quelconque raison (terrorisme, accident, guerre…), une bombe nucléaire de 150 kilotonnes venait exploser sur la ville de Lyon ? Alors que le Mexique accueille jeudi et vendredi la seconde conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, l’observatoire des armements , un centre d’expertise indépendant basé dans le Ve arrondissement de Lyon, envisage une telle hypothèse.

"Il ne s’agit pas de terroriser les Lyonnais, prévient Dominique Lalanne, ancien directeur de recherche en physique nucléaire au CNRS et auteur de cette étude qui paraît jeudi. Mais le cas de la capitale des Gaules est très intéressant, puisque si Lyon est touchée, la brutalité de la frappe concernerait aussi toute la région Rhône-Alpes, la vallée du Rhône et même une partie de la Suisse et de l’Italie. Un gigantesque incendie se formerait et les réseaux électriques, téléphoniques et informatiques seraient détruits."

200 000 morts et autant de blessés

Selon l’observatoire, le bilan humain serait d’environ 200 000 morts et autant de blessés graves. "Si cela se produit un 15 août, ce sera moins, si c’est un soir de Fête des lumières, ce sera bien plus", précise Dominique Lalanne. Les conséquences d’une telle catastrophe seraient d’autant plus dramatiques que Lyon accueille le laboratoire P4 , qui abrite maladies infectieuses et virus peu connus et dangereux. "Le port Edouard-Herriot, où se trouvent du gaz et du pétrole en quantité, et les sites nucléaires voisins (Bugey, Saint-Alban, Tricastin…) rendraient la situation encore plus périlleuse", ajoute Dominique Lalanne.

De son côté, l’ Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se tient prête à toute éventualité. "Ce serait une crise absolument majeure, explique Matthieu Mangion, chef de la division de Lyon. D’autant que la Vallée du Rhône est l'une des zones les plus nucléarisées d’Europe. Nous réalisons régulièrement des exercices pour s’assurer que nous sommes parés, car le risque zéro n’existe pas."

Etude en français et anglais, 24 pages, disponible contre 4 euros auprès de l’observatoire des armements ( www.obsarm.org ).
 

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