EuroMillions : le superjackpot remis en jeu ce soir... mais qui a décidé de ce plafond des 190 millions d'euros ?

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SUPER-JACKPOT - Faute de gagnant mardi, EuroMillions remet en jeu ce vendredi 6 octobre son gain maximum, soit 190 millions d'euros. Un plafond instauré en 2012, sous l'impulsion notamment de la France qui jugeait indécent un gain supérieur à 200 millions.

C'est un palier jugé infranchissable. Pour la quatrième fois seulement, depuis la création de l'EuroMillions en 2004, le plafond de 190 millions d'euros est mis en jeu ce vendredi soir. Si ce Super Jackpot est remporté en France, ce sera le record des gains jamais atteint sur le territoire national. A titre d'exemple, d’après le classement des 500 fortunes de France publié par Challenges, le gagnant du gros lot deviendrait la 356ème fortune française.


Cette somme rondelette raflée à deux reprises, en 2012 au Royaume-Uni et en 2014 au Portugal, ne pourra plus augmenter si aucun joueur ne la gagne. Ainsi en ont décidé en 2012 les neuf pays (France, Espagne, Portugal, Grande-Bretagne, Irlande, Belgique, Autriche, Suisse et Luxembourg) participant à l'EuroMillions. Mais pourquoi avoir mis en place un tel palier quand on voit aux Etats-Unis des cagnottes frôler le milliard ?


"A l'époque, plusieurs jackpots avaient flirté avec les 190 millions d'euros et devant la perspective d'un franchissement du seuil des 200 millions, les différents pays européens se sont concertés. La France, l'Espagne et le Portugal ont jugé indécent de dépasser ce cap, tandis que la Grande-Bretagne et l'Irlande y étaient favorables", explique à LCI  Patrick Buffard, directeur général adjoint de la Française des Jeux (FDJ).

Dans la culture anglo-saxonne, le rapport à l'argent n'est pas le mêmePatrick Buffard, directeur général adjoint de la FDJ

"Après réflexion, un consensus a été trouvé autour de ce chiffre de 190 millions d'euros. Toutefois, à plusieurs reprises, la Grande-Bretagne et l'Irlande ont demandé à revoir à la hausse ce plafond. En vain, faute d'accord global", poursuit-il. "Il faut dire que dans la culture anglo-saxonne, le rapport à l'argent n'est pas le même. En France, les grands gagnants demandent toujours l'anonymat tandis qu'en Grande-Bretagne, ils se font photographier ou filmer à la télévision avec leur chèque", détaille Patrick Buffard. 


Autre règle, ce gros lot ne peut être proposé qu'à cinq reprises. Si, au bout du cinquième tirage consécutif, il n'y a toujours aucun gagnant de premier rang (5 numéros et 2 étoiles trouvés), les gains seront alors partagés entre les gagnants du deuxième rang (5 numéros et 1 étoile).


"Et si la cagnotte ne tombe pas, les gains qui s'ajouteraient s'il n'y avait pas ce fameux plafond - soit 20 millions d'euros - sont réattribués au deuxième rang lors du prochain tirage, précise le directeur général adjoint de la FDJ. Ainsi, la cagnotte n'augmente pas pour le gros lot, mais les rangs suivants, eux, touchent des gains de plus en plus élevés. Une idée de partage moins présente chez les Anglo-Saxons qui ont davantage la culture du super gagnant."

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642 millions de gains au Powerball américain

Et cela se vérifie de l'autre côté de l'Atlantique, où l'on n'a pas adopté la même philosophie, loin s'en faut. Les supers loteries peuvent en effet cumuler leurs gains indéfiniment jusqu'à atteindre des sommes totalement délirantes, à l'image du Powerball américain. Ainsi, le 24 août dernier, une mère de famille, originaire du Massachussets, a remporté 758,7 millions de dollars (642 millions d'euros), après plus d'une vingtaine de tirages sans gagnant.

Le Super Jackpot EuroMillions est le 2ème et dernier grand jackpot de l’année 2017. Ces loteries exceptionnelles ont consacré en 10 ans, 22 gagnants qui ont remporté des gains de 100 à 190 millions d'euros : Espagne (5 gagnants), Royaume-Uni (6), France (3), Belgique (3), Portugal (3), Autriche (1) et Irlande (1). Des tirages qui rassemblent en moyenne 6 millions de joueurs en France à comparer aux 3,4 millions habituellement en 2016.

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