Européennes : à bord de sa péniche, Vincent Peillon veut éviter le naufrage

FRANCE

POLITIQUE – L'ancien ministre de l'Education nationale mène une campagne plutôt originale. Il a, par exemple, parcouru les eaux du Rhône à bord de la "Péniche pour l'Europe". Et mise sur la proximité pour refaire le retard que lui prêtent les sondages.

"J'ai mon permis bateau !" Vincent Peillon, tout sourire la barre entre les mains, s'est transformé en capitaine de navire. La semaine dernière, l'ancien ministre de l’Éducation nationale, tête de liste PS-PRG aux élections européennes dans la circonscription Sud-Est, a en effet opté pour une manière plutôt originale de faire campagne.

A bord de sa "Péniche pour l'Europe" rose et blanche, lui et son équipe ont navigué le long des eaux du Rhône. Partie de Lyon le 9 mai, ce véritable QG flottant a jeté l'ancre à Arles, six jours plus tard (Bouches-du-Rhône), après être notamment passé par Vienne (Isère), Valence (Drôme) ou encore Cruas (Ardèche).

En difficulté dans les sondages

"C'est une idée des jeunes de mon équipe. Au début, j'étais un peu réticent, je me disais que cela faisait gadget, confie Vincent Peillon, cheveux au vent sur le pont de la petite embarcation. Mais en réalité, c'est une très bonne initiative, il y a un côté caravane. L'idée, c'est de relier les gens, d'aller à leur contact. Le Rhône est le seul fleuve qui relie la Méditerranée au nord de l'Europe. Dans un moment politique où nombreux sont ceux qui entendent dresser des murs et rejeter l'autre, nous voulons faire une campagne d'ouverture, de lien entre les gens. Le fleuve illustre tout cela."

Durant son périple en péniche, l'ex-eurodéputé (2004-2012) a multiplié les rencontres, se rendant tantôt sur des marchés, tantôt dans des fermes ou auprès d'associations. Le candidat a même fait du canoë à Vallon Pont d'Arc, en Ardèche. Si le milieu aquatique n'a donc plus aucun secret pour lui, Vincent Peillon espère toutefois ne pas prendre l'eau dimanche prochain.

Car les sondages, eux, reflètent peut-être une cruelle réalité. Selon une étude Ifop , la liste que mène le socialiste n'arriverait en effet qu'en troisième position (13%) derrière l'UMP Renaud Muselier (28%) et le Front National de Jean-Marie Le Pen (23%).

"Repli nationaliste inquiétant"

"Ce n'est pas une surprise, nous étions déjà troisièmes la dernière fois, tempère le socialiste. La nouveauté, c'est le score du Front National, qui triple presque son score. Ce repli nationaliste est très préoccupant. La droite, elle, avance masquée, se cache, comme si elle n'était pas comptable de la politique menée à Bruxelles depuis dix ans."

Enfin, Vincent Peillon assure que les gens qu'il rencontre parviennent à faire la différence entre l'ex-ministre de l'Education nationale et le candidat aux élections européennes. "Les gens me parlent un peu des rythmes scolaires, mais pas plus que ça. C'est même assez étonnant !"

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