Européennes : Jean-Marie Le Pen triple son score de 2009 dans le Sud-Est

FRANCE
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POLITIQUE - Emmené par Jean-Marie Le Pen, le Front national arrive en tête des élections européennes dans la circonscription Sud-Est. La liste du FN a obtenu 28,8% des voix, selon des estimations Ipsos/Steria publiées dimanche 25 mai à l'issue du scrutin.

Jean-Marie Le Pen qui "déteste le mot retraite", n'est pas près de prendre la sienne. Le président d'honneur du FN réalise ce dimanche son meilleur score à une élection européenne avec 28,9 % des voix, selon une estimation Ipsos. Il écrase la concurrence et fait mentir les sondages qui le plaçaient en deuxième position en reléguant l'UMP Renaud Muselier loin derrière à 21,1 %, écrasant même au passage l'ancien ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, qui enregistre 12,2 % des voix. "C'est un véritable tremblement de terre", s'est réjoui sur RTL Jean-Marie Le Pen, réclamant immédiatement la dissolution de l'Assemblée nationale et la démission de Manuel Valls.

A 85 ans, le chef historique du FN a mené une campagne à son rythme . Si sa démarche est plus lente, si le rythme des déplacements a été adapté, pas question de laisser transparaître les marques d'un quelconque vieillissement. "Tant que j'ai la force, la volonté, le courage, la disponibilité, je suis à ma place. Je rencontre des contemporains retraités qui se traînent, qui paraissent vingt ans de plus que moi", confiait-il en marge de son meeting de Valence, le 21 mai dernier devant un fan-club lui vouant un véritable culte. 

Immigration et dérapage

Quant aux recettes de son "succès", elles ne changent pas. L'immigration reste au cœur de la bataille avec un diagnostic alarmiste quitte à mettre à mal la dédiabolisation du parti conduite par sa fille. Durant toute la campagne, il a dénoncé le "torrent migratoire" invitant les Français à "défendre le territoire" face à la "préférence étrangère".

Autre marque de fabrique : le dérapage. Et cette campagne n'a pas dérogé à la règle. Le président d'honneur du FN, lors d'une discussion le 20 mai avec des militants et journalistes, où il parlait de l'"explosion démographique" dans le monde, a lancé  que "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois" . Une déclaration fracassante qui a fait un véritable tollé. Comme souvent, c'est sa fille Marine Le Pen qui est allée au front déminer la situation en soutenant que ces propos avaient été "dénaturés" et exprimaient une "vive inquiétude" face à un "virus mortel".

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