Européennes : Renaud Muselier, le phœnix politique renaît de ses cendres

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POLITIQUE – Tête de liste pour l’UMP dans le Sud-est, le Marseillais Renaud Muselier, favori des sondages pour les élections européennes, a l’opportunité de revenir dans l’arène politique par la grande porte. Sans oublier les blessures, nombreuses, du passé.

Chassez le naturel, il revient au galop. En retrait depuis deux ans, Renaud Muselier illustre à merveille ce genre de come-back que seule la politique permet. "Européen convaincu", il a été nommé tête de liste dans le Sud-est par son parti l’UMP.

"Ce n’était pas du tout prévu, j’avais tout arrêté, repris mon activité professionnelle de médecin. Le problème était de me porter candidat. Mais quand on me l’a proposé, je n’ai pas hésité. Ce genre d’opportunité ne se refuse pas. Le combattant ressort du bois", lance-t-il d’un ton martial dans un café de Marseille.

Trahi au sein de son parti

Habitué à être en première ligne, le soldat porte toutefois les stigmates des batailles perdues. Lieutenant de Jean-Claude Gaudin lors de la victoire aux municipales de Marseille en 2008, il se fait souffler la présidence de la communauté urbaine. "Une trahison au sein de mon parti", commente-t-il, le regard las.

Pourfendeur du système Guérini (le président du conseil général mis en examen pour une affaire de marché public présumé truqué , Ndlr), il se dit alors "seul dans ce combat". Puis vient le coup de grâce : la perte de son poste de député en 2012. "Les électeurs m’ont abandonné", dit-il visiblement encore affecté. 

Touché dans sa vie publique, sa vie privée en prend un coup aussi. "À un moment donné, je n’en pouvais plus, souffle-t-il entre deux tasses de café. Il a fallu que je me reconstruise". Son activité au sein de sa clinique le lui permet et change sa vision de son précédent métier. "J’ai réalisé que ce monde était trop déconnecté de la réalité", analyse le candidat, même si lui, ne déconnecte pas vraiment. "J’aime soigner les gens. En politique, c’est la même chose", assure-t-il avant de filer la métaphore : "les blessures renforcent."

"Evitons la double peine"

Guéri et favori des sondages pour ce nouveau combat européen, Renaud Muselier assure que le PS sera "sanctionné une deuxième fois" après les municipales. Un courant favorable qui ne l’empêche pas d’égratigner ses adversaires. "Peillon sur sa péniche, il peut sortir les rames. Le Pen, ça fait 60 ans qu’il est là", tacle-t-il.

Conscient que cette élection ne soulève pas les foules, il veut avant tout éviter "la double peine socialiste" en France et en Europe. Un discours sur la même ligne que son chef de file, Jean-François Copé. Une manière de se réconcilier avec son parti, peut-être.

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