Ex-otages en Syrie : une rançon "totalement irréaliste" ?

Ex-otages en Syrie : une rançon "totalement irréaliste" ?

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SYRIE - L'ex-otage Pierre Torrès doute de l'existence d'une rançon de 13 millions d'euros - évoquée samedi par un hebdomadaire allemand - qui aurait été versée par la France pour obtenir la libération, voilà une semaine, des quatre journalistes français enlevés en Syrie.

Une rançon "totalement irréaliste". Ce sont les termes employés par l'un des quatre otages français libérés de Syrie dimanche 20 avril. Pierre Torrès a jugé peu crédible la thèse, avancée par l'hebdomadaire allemand Focus , selon laquelle la France aurait versé 18 millions de dollars (13 millions d'euros) pour leur libération. Une affirmation qui a été formellement démentie par la France. "Si on m'a acheté 18 millions de dollars, c'est flatteur !", a déclaré samedi à Rouen, au club de la presse de Haute-Normandie, le photographe de 29 ans, qui s'exprimait pour la première fois depuis sa libération.

Plus sérieusement, l'ex-otage a déclaré que cette somme lui "paraissait "beaucoup" et qu'il était "convaincu que ce n'est pas la France qui a payé. François Hollande avait été très ferme sur la question du versement d'une rançon". "Je pense que c'est assez embêtant, pour nous journalistes, de sortir des chiffres, surtout des chiffres comme ça qui sont énormes. Ca me paraît totalement irréaliste", a-t-il estimé.

"J'ai eu très peur"

En faisant référence aux deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués au Mali en novembre dernier, il a estimé que diffuser l'idée que "les journalistes, ça vaut cher" et "attirer l'attention des gens sur ces questions-là, ça (lui) paraît dangereux". Pierre Torrès a confié avoir craint pour sa vie au début de sa captivité : "J'ai eu très peur (…) surtout quand ils ont su que j'étais un photographe indépendant et que ma famille n'avait pas les moyens de payer une rançon". D'autant que, au début de la détention, "nos ravisseurs nous parlaient régulièrement de rançon et menaçaient de nous tuer".

Une semaine après sa libération, l'ex-otage dit ne "toujours pas savoir de quel groupe de rebelles il s'agissait, ni quelle était sa motivation. Sans doute un mélange politique et crapuleux."

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