Explosion mortelle du cours Lafayette à Lyon : "notre vie s'est arrêtée brutalement"

Explosion mortelle du cours Lafayette à Lyon : "notre vie s'est arrêtée brutalement"

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JUSTICE - Ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon, les collègues et les proches de Stéphane Abbes, le pompier tué, ont témoigné à la barre. Six ans après ce tragique 28 février 2008, l'émotion reste intacte.

Six ans après, les blessures ne sont toujours pas refermées. Ce mardi au tribunal correctionnel de Lyon, les proches et collègues de Stéphane Abbes, le sapeur-pompier décédé le 28 février 2008 dans l’explosion du 117, cours Lafayette suite à une fuite de gaz, ont témoigné à la barre. Dans une salle débordante d’émotion, les déclarations se sont succédé, plus touchantes les unes que les autres.

"Tous les jours, dès que je reste quinze secondes inoccupé, je cogite, explique Steve Magnin, jeune pompier âgé de 25 ans au moment du drame et soufflé par l’explosion ce jour-là. Ma vie a complètement changé, j’ai fait des crises d’angoisse. J’apprends à vivre avec ça…" Christian Madry, autre homme du feu présent sur les lieux, a quant à lui demandé sa mutation en zone rurale. "Rester à Lyon était au-dessus de mes forces. J’ai trois enfants, je leur ai promis de faire attention. Le cours Lafayette, c’est un échec pour le reste de ma carrière", confie ce professionnel chevronné.

"Promettez-moi de faire attention"

Tous ont souligné "l’extrême compétence" et la joie de vivre de Stéphane Abbes, pompier très populaire au sein de la caserne Corneille à Lyon. "C'était un être à part, une machine. Tout ce qu'il faisait, il le réussissait", note un de ses amis pompier. Agé de 35 ans, ce père de deux petites filles s’était parallèlement lancé dans une prometteuse carrière d’humoriste et s’apprêtait à faire la première partie d’un spectacle d’Anne Roumanoff. En larmes, Jean-Paul Abbes, le père de la victime, a pointé du doigt "la mauvaise évaluation et gestion de l’alerte." Delphine, la compagne de Stéphane Abbes, a clamé son sentiment de "colère et d’injustice."

"Notre vie s’est arrêtée brutalement. Il m’est impensable d’accepter ce qu’il s’est passé. Ce n’est pas dû à la fatalité, mais à une faute. On lui a imposé un risque", lâche-t-elle. Et de conclure, en se tournant vers les anciens collègues de son compagnon. "Votre devise, c’est ‘sauver ou périr’. Cela ne doit jamais vouloir dire qu’il faut priver vos familles d’un papa, d’un fils ou d’un mari. Promettez-moi de faire attention." Stéphane Abbes aurait eu 41 ans ce mercredi. Le procès, qui doit déterminer les responsabilités dans cette affaire de GRDF, GDF Suez, Veolia et deux sous-traitants , prendra fin le 13 février.

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