Fermeture des CAF à Marseille : "on va laisser des gens sur le carreau"

Fermeture des CAF à Marseille : "on va laisser des gens sur le carreau"

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SOCIAL – Face à l’afflux de dossiers en attente, la direction de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a décidé de fermer les accueils au public. Les rencontres avec les allocataires ne se font désormais plus que sur rendez-vous. Une stratégie qui inquiète les syndicats.

Une décision radicale. Face à l’afflux de dossiers en attente, 92 000 actuellement, la direction de la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône a décidé de fermer ses 12 centres d’accueil du département au public. Les rencontres avec les allocataires ne se feront désormais que sur rendez-vous par Internet ou par téléphone. "L’un des grands motifs de visite est pour connaître le délai de traitement des dossiers", indique Aline Rouillon, sous-directrice en chef du service aux allocataires pour justifier cette nouvelle stratégie.

"La fermeture des accueils va ainsi permettre de traiter en priorité les dossiers", poursuit-elle. D’ici au mois de juin, la CAF espère ainsi réduire les traitements de dossiers à moins d’un mois contre deux, voire trois dans certains cas. "Avec Internet, les dossiers seront mieux traités, souligne Aline Rouillon car 40 % d'entre eux étaient incomplets à l’accueil". En moyenne, les rendez-vous avec un conseiller technicien ne devraient pas dépasser les 15 jours assure la CAF.

L’intersyndicale "aux aguets"

Outre les fermetures, la CAF va expérimenter la prise de contact via Facebook. "Un nouveau canal d’accessibilité" pour permettre chaque vendredi de discuter avec l’un des deux conseillers dévolus à cette tâche. Autant de mesures accueillies avec réserve par Lionel Zaouati, secrétaire général CGT à la CAF. "On est dans une période difficile avec une hausse du nombre d’allocataires, reconnaît-il, mais ces fermetures vont laisser des gens sur le carreau".

"Certains renonceront de fait à faire valoir leurs droits", redoute le syndicaliste. "Au contraire, répond Aline Rouillon. Le public a l’habitude de ces démarches par Internet ou par téléphone sans compter les partenaires sociaux qui peuvent aider les personnes les plus fragilisées avant les rendez-vous", avance-t-elle. Déjà en grève il y a 15 jours, l’intersyndicale de la CAF se dit "aux aguets" pour faire le point sur cette nouvelle stratégie.
 

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