Financement des mosquées en France : entre opacité et fantasmes

FRANCE

TRANSPARENCE – Alors qu’une fondation pour l’islam de France doit voir le jour à l’automne, les zones d’ombre sur le financement des mosquées dans l'Hexagone apparaissent encore nombreuses. LCI fait le point sur ce qu’on sait, et surtout ce qu’on ignore.

Les prémices d’une fondation pour l’islam de France. Place Beauvau, c’était le fil rouge de ce lundi 29 août, marqué par une journée de consultations entre Bernard Cazeneuve, responsables cultuels et parlementaires. L’idée ? Mettre sur pied, d’ici l’automne, une organisation laïque qui aura pour but de lever des financements français. A l’heure actuelle, la provenance des ressources financières des mosquées et des salles de prières restent pour le moins opaques.  

Ce qu'on sait

  • 1Des fidèles généreux

    C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’islam en France et de ses lieux de culte, rendu public en juillet 2016. Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne et rapporteure du texte, explique à LCI : "Contrairement aux idées reçues, nous avons établi que 80% des financements des mosquées proviennent des fidèles eux-mêmes." Exemple à Massy, où selon le rapport, la communauté musulmane a rassemblé près de 500.000 euros dédiés à la construction d’une mosquée.
  • 2Des financements extérieurs marginaux

    "Il existe un véritable fantasme autour du financement par les pays extérieurs, qui de toute façon est amené à être réduit" reprend Nathalie Goulet. Une considération confirmée par Thomas Andrieu, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l’Intérieur. Il estime, en janvier 2016, à 10% la proportion des projets de mosquées financés à l‘étranger. Parmi les pays concernés, le Maroc, l’Algérie, ou encore l’Arabie Saoudite.

Ce qu'on ignore

  • 1Des investisseurs privés très secrets

    Co-auteur d’un autre rapport sur le financement des mosquées publié au mois de mars 2015, le sénateur UDI Hervé Maurey s’interroge : "Quand on me dit que les fidèles contribuent en majorité au financement de leurs mosquées, je pense à des petites sommes. Comment appeler de très riches familles qui font des dons énormes ?" Il poursuit, auprès de LCI : "On ne dispose d’aucune traçabilité concernant ces investisseurs privés. Par ailleurs, les éléments dont on dispose sur le financement par les fidèles sont basés sur les déclarations des uns et des autres. Aucun élément concret ne vient les étayer. Aujourd’hui, l’opacité est totale."
  • 2Des associations pas vraiment soumises à la transparence

    L’argent dédié au financement des mosquées, le plus souvent, transite par le biais d’associations créées dans le cadre de la loi 1901. "Ces associations n’ont aucune obligation fiscale ou de transparence" ajoute encore Hervé Maurey. Résultat : leurs dons sont intraçables. "L’enjeu, pour la fondation de l’islam de France, sera d’assurer une transparence indispensable "conclut le sénateur. Avant de préciser : "Quant à savoir s’il faut interdire les financements des pays étrangers… tâchons de déterminer exactement leur rôle. Prenons la température avant d’émettre un diagnostic."

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Comment l'islam de France se finance-t-il aujourd'hui ?

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