François Hollande interpellé : "vous ne tenez pas vos promesses"

François Hollande interpellé : "vous ne tenez pas vos promesses"

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POLITIQUE - En déplacement dans le Tarn pour célébrer les 100 ans de la mort de Jean Jaurès, le président de la République a rencontré quelques habitants mécontents du dispositif de sécurité mis en place dans la ville.

En province, l'atmosphère n'est pas forcément meilleure pour le Président. En déplacement à Carmaux (Tarn) pour commémorer le centenaire de la mort de Jean Jaurès, François Hollande a essuyé quelques huées et autres sifflets à son arrivée dans le centre de la ville, entièrement bouclé par la police.

Des habitants déçus

“On est déçus Monsieur le président. En 2012, on était là et aujourd’hui on ne peut même pas aller au dépôt de la gerbe”, a lancé une habitante au chef de l’Etat, exprimant là un mécontentement visiblement partagé par plusieurs personnes présentes. "Raisons protocolaires", a expliqué le chef de l'Etat, un peu plus tard, à la presse. Une autre habitante lui a reproché de ne pas "tenir ses promesses".

Après avoir échangé quelques mots avec eux, François Hollande qui a aussi reçu quelques encouragements, a quitté la place pour rejoindre la cérémonie.

"Jaurès, l'homme du socialisme, est aujourd'hui l'homme de toute la France, on se l'arrache, on se le dispute", a souligné le chef de l'Etat.
Rendant hommage à cette "figure consensuelle" qui avait su "s'élever au-dessus de son propre parti", le définissant comme un " socialiste qui voulait pousser la République jusqu'au bout".

"J'entends les interrogations, y compris de mes propres amis"

Puis revenant à son propre destin politique, François Hollande a encore une fois défendu son pacte de responsabilité et le plan de 50 milliards d'euros d'économie , il a affirmé sa volonté d'aller au bout de ces réformes, en dépit des critiques. "J'entends en ce moment même les interrogations, y compris de mes propres amis, qui se disent : mais pourquoi tant d'efforts pour réduire nos déficits, pourquoi faire des réformes que nos prédécesseurs n'ont pas osé engager, pourquoi faire des économies quand il serait tellement plus facile de laisser filer les dépenses", a-t-il constaté.

Mais "à ceux-là, a-t-il poursuivi, je réponds tout simplement : nous avons été élus, j'ai été élu, pour redresser la France, pour la hisser au plus haut niveau de la compétition économique mondiale, pour la rendre plus forte, plus créatrice d'emplois, plus solidaire plus juste".

La version moderne de J'irai cracher sur vos tombes

A gauche, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l'inadéquation de l'hommage rendu à Jean Jaurès avec la politique menée par le gouvernement. Ainsi Jean-Luc Mélenchon n’a pas perdu de temps pour railler l'intervention du chef de l'Etat avec un tweet lapidaire : " Hollande à Carmaux sur les pas de Jaurès. C'est la version moderne de J'irai cracher sur vos tombes ?"

Dans un communiqué, le PCF a quant à lui déploré que le chef de l'Etat soit "tombé, de cascade en cascade, dans ce bassin stagnant d'où il pense pouvoir rendre hommage à Jaurès alors qu'il fait la politique de Gattaz ", (le président du Medef ndlr).

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