Fusillade de Lille-Moulins : l'étudiant blessé livre son témoignage

Fusillade de Lille-Moulins : l'étudiant blessé livre son témoignage

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FAITS DIVERS – Ce jeune homme de 20 ans s'exprime dans une interview exclusive à La Voix du Nord. Le 19 janvier, il a reçu six balles d'un pistolet-mitrailleur. Son tort : avoir répondu à des insultes envers ses copines à la sortie d'une discothèque.

C'est un miraculé. David (nom modifié), étudiant de 20 ans, a reçu le 19 janvier dernier six balles dans le corps tirées avec un pistolet-mitrailleur par un membre d'une bande de délinquants. Avec trois copines, il venait de sortir d'une discothèque de la rue de Trévise, à Lille. Dans une interview exclusive à La Voix du Nord , il revient pour la première fois sur ces faits tragiques qui auraient pu lui coûter la vie.

Selon les médecins, David ne devrait pas garder trop de séquelles. S'il dit "ne plus ressentir de douleur", l'étudiant miraculé devra pourtant encore rester trois semaines à l'hôpital puis deux mois sur un fauteuil roulant. "J’ai reçu deux balles dans la jambe. L’une a explosé ma carte de crédit, ce qui a éparpillé des éclats de plastique à l’intérieur, témoigne-t-il. Une autre balle a atteint le col du fémur. À cause d’elle, je risque d’être victime d’arthrose. On m’a retiré 80 cm d’intestin."

"Ce n’est pas des coups de poing que tu vas prendre"

Encore traumatisé par cette tentative de meurtre, il détaille avec courage les circonstances de ce drame qui a fait basculer son existence. "Nous marchons rue de Trévise quand une bande de mecs nous accoste. Ils cherchent clairement la merde, continue-t-il dans les colonnes de La Voix du Nord. Je réponds. Un des gars me lance alors : "Ce n’est pas des coups de poing que tu vas prendre, c’est autre chose". Du coup, il s’écarte, je fais pareil. Quand on se retourne pour partir, on voit un mec avec une mitraillette. Le temps que je me demande si c’est une vraie, il tire deux rafales."

Sur le moment, David a du mal à réaliser. "C’est fou parce qu’on ne sait évidemment pas ce que ça fait de recevoir des balles. J’ai cru qu’elles étaient en caoutchouc, avant de voir tout le sang... Je tombe sur les genoux, puis à terre. Je reste conscient. J’ai soudain très mal. Et il y avait cette sensation de froid. Je me disais : Ne t’endors pas !" J’entends les filles qui paniquent à côté, je leur dis de se calmer. Les secours arrivent. Les policiers me posent des questions, à vif. Mais tout s’était passé si vite... C’était inimaginable."

"Vivre plus intensément"

David, qui promet de "vivre plus intensément", n'a pas peur d'être confronté à son agresseur devant un tribunal. "C’est un jeune paumé qui s’est laissé influencer. Je lui en veux, c’est clair, dit-il. Mais je n’ai pas de colère, et surtout, je n’ai pas peur. Je saurai lui faire face."

Le tireur présumé est toujours activement recherché. Selon l'enquête, il s'agirait d'un jeune homme âgé de 17 ans. Celui-ci se serait réfugié dans un hôtel en Belgique juste après les faits. Quatre autres individus de la bande impliquée dans la fusillade ont été écroués depuis le 27 janvier. Ils auraient également participé au mitraillage de la façade d'un hôtel de Villeneuve-d'Ascq, dans la nuit du 12 au 13 décembre, d'où ils avaient été chassés pour nuisances.
 

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