Gaz, électricité : un Français sur cinq n’arrive pas à payer ses factures d’énergie

FRANCE
PRÉCARITÉ - Selon une évaluation de l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), un français sur 5 éprouve des difficultés à se chauffer et s'éclairer. L’étude préconise en outre de renforcer les aides au paiement des factures via un chèque énergie.

La crise et les difficultés financières des Français touchent tous les postes de dépenses. Ainsi, plus de 11 millions de personnes, soit un cinquième de la population française, éprouvent des difficultés à se chauffer et s'éclairer, selon une évaluation de l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE). L'observatoire relève que quelque quatre millions de foyers, soit environ huit millions de personnes, sont actuellement considérés en précarité énergétique consacrant plus de 10 % de leurs revenus à leurs dépenses en énergie au sein de leur logement.

Mais cette définition, résumée par la notion de taux d'effort énergétique, est jugée trop approximative par l'ONPE. "Elle fera regarder comme précaires des habitants qui ne se soucient pas vraiment de leur facture et négligera d'autres dont l'effort n'est réduit qu'au prix d'une auto-restriction qui menace leur bien-être", relève son président, Jérôme Vignon, cité dans le rapport.

L’observatoire réclame l'instauration d'un chèque énergie

Face à cette situation, l'ONPE réclame l'instauration d'un chèque énergie élargi à toutes les énergies, quel que soit le type de chauffage, alors que les tarifs sociaux sont aujourd'hui limités à l'électricité et au gaz. Ce nouveau dispositif et son financement sont actuellement en discussion dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique , en examen à l'Assemblée nationale.

"L'urgence, c'est d'aider à présent les plus démunis à payer leurs factures car l'impayé fait peser le risque de la coupure", a prévenu Bruno Léchevin, le président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), évoquant "un outil de solidarité nationale".

"Penser pouvoir réussir la transition énergétique et écologique sans traiter la question sociale, ce serait prendre un risque d'échec majeur", ajoute-t-il. L'observatoire estime aussi indispensable de continuer à soutenir la rénovation énergétique des logements des ménages modestes. "Pour les ménages aux ressources modestes, le principe de la subvention publique est incontournable, leur capacité contributive étant très limitée voire inexistante", souligne-t-il.
 

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