Gouvernement : Montebourg en sursis

FRANCE

CRISE - Arnaud Montebourg a été sévèrement rappelé à l'ordre dimanche par l'entourage de Manuel Valls, estimant que le ministre de l'Economie avait "franchi une ligne jaune" avec ses propos très critiques contre la ligne économique du gouvernement.

La vérité d'un jour n'est pas forcément celle du lendemain. Samedi, François Hollande et Matignon avaient tenu à minimiser les propos d'Arnaud Montebourg, qui s'en prenait à la politique du gouvernement dans une interview au Monde. Mais dimanche soir, Manuel Valls est un Premier ministre en colère.

"Une ligne jaune a été franchie dans la mesure où le ministre de l'Economie ne peut pas s'exprimer dans de telles conditions sur la ligne économique du gouvernement et sur un partenaire comme l'Allemagne", a souligné l'entourage de Manuel Valls à l'AFP. "Donc le Premier ministre est décidé à agir", a ajouté l'entourage du locataire de Matignon sans livrer de détails sur ce qu'il entendait faire. Un peu plus tôt, déjà, c'est le député Carlos Da Silva, proche de Manuel Valls, qui avait jugé qu'Arnaud Montebourg avait "dépassé les bornes", avec des "déclarations insensées". Des réactions autorisées par un Premier ministre qui devrait réaffirmer son autorité ces prochains jours.

"Une inflexion majeure de notre politique économique"

Car, entre-temps, le ministre de l'Economie en a remis une couche lors de la traditionnelle Fête de la rose qu'il a organisée ce dimanche à Frangy-en-Bresse. Un événement où il avait invité un autre ministre critique, Benoît Hamon , qui avait lui aussi entonné un couplet anti-austérité dans Le Parisien.

"J'ai proposé comme ministre de l'Economie, au président de la République, au Premier ministre, dans la collégialité gouvernementale, et sollicité une inflexion majeure de notre politique économique", avait déclaré Arnaud Montebourg, lors de son discours. "Le rôle du ministre de l'Economie, ou de tout homme d'Etat […], est d'affronter la vérité, même cruelle, et de proposer des solutions alternatives", avait-il ajouté, sous les applaudissements de plusieurs centaines de militants, après avoir fait le constat que "l'échec économique est partout dans la zone euro" et donc "en France".

Après cette nouvelle charge, Arnaud Montebourg pourrait donc être au minimum recadré. Un exécutif décidément malmené à la veille de la rentrée. Entre le combat mené par les "frondeurs" du PS, les prises de position de l'ex-ministre EE-LV Cécile Duflot et plus encore celles de deux poids lourds du gouvernement, c'est un climat de crise au sommet du pouvoir qui règne ce dimanche soir.

EN SAVOIR +
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