Guyane : Macron favorable à la création de la "Montagne d'or," une mine d'or très controversée

Vue générale du site minier aurifere de Yaou réalisée le 17 septembre 2011 à Maripasoula en Guyane française
FRANCE

INDUSTRIE - Lors d’une conférence de presse depuis Cayenne, en Guyane, Emmanuel Macron s’est prononcé ce vendredi en faveur de l’ouverture de la "Montage d’or". Mais de quoi s’agit-il ?

"Montagne d’or" :  le nom est joli mais le projet inquiète. Il fait référence au projet de mine d’or porté par le groupe russe Nordgold, associé à la firme canadienne Colombus Gold. Le but est de construire d'ici 2021, en pleine forêt amazonienne, la plus grande mine d'or française. Lors d’un déplacement en Guyane en août 2015 en tant que ministre de l’Economie, Emmanuel Macron s’était prononcé pour ce projet. Ce vendredi, alors qu’il se trouve dans la collectivité comme président, il a de nouveau exprimé son souhait de voir naître le projet.

Sur son site, "Montage d’or" indique que son exploitation créera 750 emplois directs, répartis sur la mine, à Saint-Laurent-du-Maroni (à 125 km de là) et à Cayenne. Les promoteurs estiment que jusqu’à 3.000 emplois indirects pourraient être créés. C'est également cette promesse qui séduit les élus de ce territoire, où les emplois sont rares. Des affirmations nuancées par un rapport de WWF publié le 18 octobre dernier. L'association évoque notamment la volabilité du cours de l'or et la dépendance au taux de change euro-dollar.

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De grosses conséquences pour l'environnement

Mais surtout, ce sont les conséquences de la mine sur l'environnement qui inquiètent le plus. Pour extraire l’or, il faudra creuser, avec de la dynamite, une fosse de 2,5 km de long, 500 mètres de large et 400 mètres de profondeur. Surtout, une usine de traitement au cyanure sera installée et classée Seveso (site sensible). Le tout en pleine forêt amazonienne. Cela pose donc des questions  sur la gestion des déchets cyanurés. "On prévoit des équipements de destruction de cyanure, donc il n'y aura pas de cyanure dans les rejets de l'usine de traitement de Montagne d'or", promet Igor Klimanov, président de Nordgold. Son entreprise s'est aussi engagée à un bilan et un suivi environnemental trente ans après l'arrêt des forages.

Les besoin en énergie de la mine inquiètent également : son fonctionnement nécessitera 20 mégawatts par jour, l’équivalent de la consommation de Cayenne. Le collectif Or de question, qui regroupe une trentaine d’associations locales, a expliqué à Libération que cette électricité serait acheminée grâce à des lignes à haute tension sur des dizaines de kilomètres. "Une ligne de très haute tension dans la forêt tropicale, on sait faire, ce n'est qu'une question de moyens", a répliqué dans Les Echos, Jean-Philippe Biava, le directeur d'EDF pour le département. Le collectif s’inquiète également des conséquences sur les espèces, dont 166 seraient menacées. 

Une pétition a déjà recueilli 192.000 signatures

Une note ministérielle de 2016, consultée par l'AFP, qualifie la "Montagne d'or", d'"hors normes par ses aspects économiques", et prévient que ses "empreintes spatiale et écologique sont de dimensions inconnues".  De son côté, dans un rapport publié le 17 octobre, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme a rendu un avis négatif et demande un moratoire sur le projet de mine.

Une grande consultation publique devrait être lancée sur le projet en mars 2018. En attendant, une pétition intitulée "Président Macron : Non à la mine d’or industrielle en Guyane !" , lancée par l'association Sauvons la forêt, a déjà recueilli plus de 192.000 signatures. 

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