Harcèlement scolaire : "il faut en parler le plus tôt possible"

Harcèlement scolaire : "il faut en parler le plus tôt possible"

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SCOLARITE – Durant son année de 4ème au collège des Chartreux à Marseille, Blanche, âgée aujourd’hui de 19 ans, a été victime de harcèlement scolaire. Brimades, insultes, la collégienne a dû quitter son établissement. En plein débat sur ce phénomène qui touche un grand nombre de jeunes, elle publie, cinq après les faits, un livre sur cette douloureuse expérience.

Durant votre année de 4ème, vous avez été victime de harcèlement scolaire. Pourquoi retranscrire cette douloureuse histoire dans un livre ?
Être victime de harcèlement, c’est comme être un objet. Le fait d’écrire permet de retrouver son identité, une manière de mettre de la distance sur ce qui s’est passé. J’ai commencé à écrire dès que les brimades ont commencé.

Concrètement comment ce harcèlement se traduisait ?
C'était principalement le fait d’un groupe de filles. Lors de mon année en 4ème, la plupart de mes amis avaient changé de classe. Le fait d’être isolé a été l’élément déclencheur. Ensuite j’avais les cheveux bouclés alors que la mode était aux cheveux lisses. Je n’avais pas Facebook. Bref, je ne rentrais pas dans les codes…

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Était-ce physiquement violent ?
Un peu, mais c’était surtout beaucoup d’insultes. Elles me disaient : tu es moche, tu n’auras jamais de copain, tu seras une meurtrière, etc.

Preniez-vous la mesure de ce harcèlement ?
Je n’ai pas vu tout de suite l’ampleur de cette violence. Au début, j’ai minimalisé ces brimades. Mon moyen de défense était d’ignorer. Je ne voulais pas m’abaisser à leur niveau mais c’était un piège.

Avez-vous eu des idées noires ?
J’ai eu des idées suicidaires. On a l’impression qu’on dérange. Qu’on est un parasite. Que les autres n’attendent qu’une chose : que vous disparaissiez.

Pourquoi ne pas en avoir parlé autour de vous ?
Mes proches voyaient bien qu’il y avait un changement. Mais du côté de mes professeurs, il n’y avait pas de problèmes. Je travaillais bien. Ça n’affectait pas mes notes.

Comment cela s’est-il terminé ?
J'ai quitté le collège et j’ai commencé les cours par correspondance. L’écriture, la thérapie et le fait d’être entouré m’ont permis de tenir.

Est-ce que votre livre est un message pour tous ceux qui sont victimes de harcèlement scolaire ?
Ce n’est pas de leur faute. Il ne faut pas qu’ils se sentent responsables. Même si c’est difficile, il faut parler, oser parler. Ne pas attendre qu’il soit trop tard.

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem a présenté ce mois-ci un plan anti-harcèlement . Est-ce une bonne chose selon vous ?
Si on en parle davantage, si les gens prennent conscience du phénomène, les témoins de harcèlement agiraient peut-être davantage.

Blanche Martire. "Et il me dit : Pourquoi tu rigoles jamais Blanche ?", Editions Fabert. Prix public : 7,01 € TTC

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